Fanfiction StarCraft: Ghost

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Histoire n°1

Par Snackgrego

Chapitre 1

Chapitre 2

Chapitre 3

Chapitre 4

Chapitre 5

Chapitre 6

Chapitre 7

Tenaka était assis sur son siège depuis près de trois heures durant lesquelles il avait eu le temps de voir la salle se vider progressivement. A l'appel de leur nom et de leur matricule qu'on leur avait donné en début de journée, les jeunes garçons âgés de 8 à 10 ans étaient entrés dans les salles adjacentes un par un. Il s'agissait de la visite psycho-médicale imposée par la fédération. Toutes les personnes recensées étaient tenues de s'y rendre afin d'y subir une série de tests pour détecter les éventuelles mutations ou autres problèmes de santé susceptibles de se répandre dans la population. L'ingénierie génétique Terran était en plein essor et la priorité publiquement affichée depuis quelques temps déjà était le contrôle et le suivi des mutations survenues sur le génome humain. Ce que la confédération se gardait bien de dire c'est que la copie des mutations jugées ''intéressantes'' faisait aussi partie des priorités...

Tenaka, matricule 138, veuillez vous rendre dans la salle 3.

- Enfin, pensa le jeune Tenaka, c'est le dernier examen à subir. Après cela, je pourrai rentrer chez moi.

A son approche, le sas de sécurité s'ouvrit et une personne en blouse blanche le fit asseoir. Tenaka nota que cet homme ne ressemblait pas tellement aux autres scientifiques du complexe qui lui avaient fait passer les tests médicaux de ce matin. Sa blouse masquait sa tenue mais on pouvait deviner une musculature bien développée ainsi qu'un équipement étrange voire même douteux pour un médecin. Tenaka suspectait en effet l'homme d'avoir sur lui une ou plusieurs armes mais ne fit pas plus attention à ces détails, après tout, on était censé vérifier son bon état de santé et non pas l'aggraver.

- Bien, commença l'homme sur un ton neutre. Tandis qu'il parlait, il cherchait quelque chose dans une armoire, le dos tourné à Tenaka. D'après les analyses génétiques de ce matin, tu a environs 3% de chance de passer avec succès ce test. Avale ça et tente de rester éveillé.

Sur ces mots, il lui tendit 3 comprimés. Ne sachant pas trop quoi penser de cet homme au regard inquisiteur, Tenaka se résigna à prendre ces ''médicaments''. Au bout de 2 minutes, une forte somnolence commença à le gagner. Il fut brutalement tiré de sa léthargie par l'homme en blouse blanche:

- Ne t'endors pas ! lui dit-il sur un ton péremptoire tout en le forçant à se mettre debout. Ce sommeil là équivaut à la mort dans 98% des cas ! Essaye de ne pas faire partie de la nombreuse liste des personnes ayant succombé.

Tandis que ce personnage pour le moins bizarre parlait, l'état de Tenaka s'améliora mais dès que le silence s'installa de nouveau, la somnolence le gagna encore une fois. Pris de panique à l'idée de tomber dans ce sommeil synonyme de trépas, il chercha frénétiquement dans la pièce un couteau ou une lame quelconque. Il eut vaguement conscience qu'on lui tendait un couteau qu'il saisit pour se le planter dans la main gauche. Instantanément réveillé par la douleur, il s'aperçut que l'homme lui parlait à nouveau.

- C'était une bonne idée mais je doute fort que cela suffise à te soustraire à l'influence de cette drogue.

En effet, Tenaka ne sentait déjà presque plus la douleur et recommençait à somnoler. Après cinq autres minutes de lutte, il finit par s'écrouler par terre.

L'homme en blouse blanche récupéra l'enfant et le posa sur un lit dans une salle où se trouvait déjà 3 autres gosses. Pas besoin de prévenir qui que ce soit. Au moment même où Tenaka avait avalé la drogue, on avait avertit ses parents qu'ils ne le reverraient plus et, contre une centaine de crédits, on les avait engagé à rentrer chez eux et à oublier l'affaire.

Voila déjà deux heures que Tenaka gisait sur son lit. Tant qu'il n'était pas déclaré cliniquement mort, il resterait là sous perfusion. Personne dans la confédération Terran n'était en mesure de dire combien de temps il pouvais rester dans cet état...

_______________


Le même jour, quelque part dans le complexe médical.

- Tu a été imprudent Shimrod, tu a commis une grave erreur avec ce dernier élément. S'il avait été complètement lucide, le fait de lui tendre ce qu'il cherchait, alors qu'il n'avait pas précisé que c'est d'une lame dont il avait besoin, aurait pu lui paraître suspect.

- Ne t'inquiète pas, tu sais bien que de toute façon c'est sans importance. S'il arrive à vaincre le stimulant, il pourra commencer une formation de Fantôme. Dans le cas contraire, on le raye définitivement de tous les registres.

- C'est vrai. Mais n'oublie pas que si jamais un fouineur de journaliste se rend compte que des agents Fantômes se servent des visites psycho-médicale pour recruter de force leurs nouvelles recrues, on va droit à l'insurrection générale.

- Tu a sans doute raison. Cependant, il faut être vraiment vigilant pour repérer ce détail sur une vidéo holographique sans savoir exactement ce qu'on cherche. Et puis il y a toujours les membres du service de censure. A eux on peut faire confiance pour éliminer même les choses qui ne pourrait paraître suspectes que pour un millionième de la population.

C'est sur ces mots que les deux agents Fantômes quittèrent le complexe scientifique et médical, laissant les équipes spécialisées s'occuper des ''éléments prometteurs''...
- Insubordination, détournement de matériel et d'armement des services secrets, tentative de corruption et de sabotage de station orbitale; tels sont les principaux chefs d'inculpations retenus contre vous. Eu égards de vos états de services exceptionnels, vous serez cryogénisé dans le bloc numéro 6 pour une durée indéterminée. La sentence prend effet immédiatement. Avez-vous quelque chose à ajouter?

- Non.

- Bien, emmenez-le.

Pendant qu'on emmenait Asharan à travers la plus importante base militaire de la confédération Terran, il repensait à cette parodie de procès. Il est vrai qu'il s'était emparé des dernières armes cybernétiques développées par les services secrets et qu'il avait tenté de prendre le contrôle d'une station orbitale. Cependant, on aurait dû l'exécuter sur-le-champ ou le faire assassiner par un Fantôme. Au lieu de cela, on lui fait un pseudo-procès dans le plus grand secret pour décider enfin de le cryogéniser. "Ils doivent vraiment manquer d'unité Fantôme pour se résoudre à garder en vie l'un des plus dangereux. Quelque chose a dû foirer lors de mon conditionnement pour qu'il me reste une personnalité aussi indépendante. A moins que ce soit le fait d'un attribut génétique non contrôlé par mes généticiens de parents".

Alors même qu'il pensait à la façon dont son esprit fut modifié, il fut pris d'un spasme violent et son esprit se focalisa aussitôt sur autre chose, preuve que le conditionnement n'avait pas été aussi inefficace que cela. Brutalement sortie de sa rêverie, Asharan se demanda où il était. Il était persuadé qu'il évoluait pour la première fois dans ce secteur là de la base. Tandis qu'il ramenait à la surface de sa conscience la structure du complexe militaire et qu'il tentait de s'y situer, son escorte et lui arrivèrent dans une grande salle circulaire après avoir franchi 2 portes blindées formant un sas hautement sécurisé. Il su que c'était la salle de cryogénisation mais à l'idée de cette pseudo-mort, il n'essaya même pas de se libérer.

"Je n'ai plus d'armement, je suis encadré par 6 gardes d'élites et il y a sûrement des systèmes de sécurité automatisés. Après tout, il reste une petite chance pour que les Sentinelles ne m'oublient pas et me réveillent un jour, lorsqu'il n'y aura plus assez d'argent pour entretenir les caissons.""

Les caissons de cryogénisation se présentaient comme des tubes de deux mètres de long dans lesquels on s'allongeait pour se faire couvrir le corps d'électrodes en tout genre. Le système de survie pour éviter un taux de nécrose trop élevé des tissus cellulaires était uniquement constitué par un masque à oxygène et une aiguille intraveineuse pour assurer la subsistance de l'organisme. Les électrodes devaient aussi jouer un rôle mais Asharan ne parvint pas à l'identifier. Les tubes de cryogénisation se rangeaient dans les murs de la salle où l'on pouvait voir de nombreuses lampes allumées, témoignant chacune de la présence d'un condamné plongé dans le sommeil froid.

On le fit entrer sans ménagement dans son caisson et, après lui avoir installé tout l'équipement électronique de survie, Asharan commença à sentir ses membres s'engourdir. Après une ou deux minutes d'une lutte
vouée à l'échec, il sombra dans un sommeil artificiel dont il n'était pas sur d'en émerger un jour.

"Pourquoi l'avoir gardé en vie ?" L'image homographique de l'homme en noir ne trahissait aucun sentiment mais au ton de sa voix, la Troisième Sentinelle devinait un léger agacement. Il s'agissait d'une réunion dans une salle aux murs capitonnés où ne se trouvait qu'une personne. Les 4 autres étaient des images homographiques, toutes identiques, et remplaçaient les êtres de chair qui aurait du siéger là. Quelque part dans toute la confédération, 4 autres hommes se trouvaient dans des salles identiques et participaient aussi à cette réunion. Les communication étaient cryptées au plus haut niveau de sécurité mais l'existence même de cette organisation était connu de si peu de monde que le cryptage en était presque inutile.

- Garder en vie un élément aussi imprévisible représente un facteur de risque non négligeable. Je répète donc ma question, pourquoi l'avoir laissé en vie ?

- J'ai l'impression qu'il pourrait nous servir. Le projet Shmaël avance a grand pas et la possession de cobaye de choix pourrait être un atout considérable.

La Cinquième Sentinelle ne se départissait jamais de son calme. Certes, cette décision n'avait été le fruit que de lui même et de la Seconde mais vu les conséquences mineures que cela pourrait entraîner, pas besoin d'avoir la majorité.

"Et si les services secrets se doutaient de quelque chose ?" C'était la première fois que la Première avait pris la parole dans cette réunion. Si de toutes les Sentinelles s'était la moins loquace, son avis comptait tout autant que celui des 4 autres.

- Je sais que nous sommes dans le même camp mais tout de même, eux aussi ont le contrôle des unités Fantômes et nous ne sommes pas censé leur dicter leur conduite quand a l'utilisation de leur troupes. De plu
s, leur secteur principal est tout de même le renseignement et l'espionnage. Je ne suis pas sur que les responsables de l'armée de la Confédération ne souhaitent pas nous voir disparaître. Après tout, nous sommes quand même un obstacle potentiel. Le contrôle des Fantôme représente un pouvoir a ne pas négliger pour des vautours pareils.

- M'est avis que vous tendez à la paranoïa. Il est impossible qu'ils arrivent a démanteler notre association sans l'aide des Fantômes. Nous gardons quand même le contrôle exclusif de 10 unités Alpha et les rapports de mission des autres unités nous sont d'abord soumis.

La seconde Sentinelle était connu des quatre autres pour n'omettre aucun détail. Sa capacité d'analyse et de discernement était unanimement reconnue mais il ne donnait son avis que sur trop peu de points, restant dans l'ombre a la plupart des réunions.

- Cela n'est pas le sujet ! Pour le moment, l'agent Asharan repose au fond d'un caisson de cryogénisation et il ne représente plus aucun danger. Cependant, je pense que nous devrions être informé en cas de réveil. Le processus dure quelques heures et nous aurons le temps d'intervenir si des éléments dangereux sont apparus d'ici là.

La réunion pris fin juste après l'assentiment des Cinq, scellant ainsi le sort de l'agent Fantôme Asharan.
Une chambre blanche, un plafond où ne se trouvait qu'une lampe à argon illuminant la pièce d'une lueur blafarde. La sensation de ne plus sentir son corps. Tenaka voulut bouger, se lever, savoir où il était: impossible. Les électrodes sur son corps ainsi que le matériel de perfusion l'empêchaient de bouger. Sa volonté elle même défaillait. Il ferma les yeux, rien ne revint, sa mémoire elle même semblait le fuir. Une sensation désagréable s'empara de lui, il n'arrivait pas à savoir avec certitude si ce corps qu'il sentait était réellement le sien ou si ce nom de Tenaka faisait bien référence à lui, à la personne immobilisée dans ce lit. Ce sentiment se dissipa rapidement lorsqu'il eut conscience qu'il n'était plus seul. Un homme se trouvait dans la pièce, arborant un sourire satisfait.

- Eh bien je vois que tu a finis par émerger. Je vais pouvoir m'assurer que le stimulant à correctement rempli son rôle. Lève-toi.

Tenaka protesta, de toute façon il ne pouvait pas bouger avec tout ce qu'il avait sur le corps.

L'homme lui arracha négligemment les électrodes et coupa le système de perfusion des nutriments. Il réitéra enfin son ordre. Cette fois, Tenaka obéit.. Il émanait de cette homme comme une aura et Tenaka ne se sentait pas l'aise. L'homme tendit une main vers lui, le poing serré, et Tenaka vit ses pupilles passer d'un noir de jais à un bleu opalescent, presque transparent. L'homme ouvrit la main et Tenaka s'effondra, en proie à une vive douleur sur l'ensemble du corps. Il eut à peine conscience que ses propres mains serraient de plus en plus fort sur sa gorge. Alors qu'il avait de plus en plus de mal à respirer et qu'il allait succomber, tout s'arrêta. Ses mains pouvaient agir sans contrainte, libérant immédiatement Tenaka de leur emprise meurtrière.

- Tu as échoué. L'homme parlait sur un ton neutre mais Tenaka perçut une colère froide derrière cette voix calme. Je ne sait pas comment
tu as pu survivre au stimulant. Reste ici et ne bouge pas, je reviendrait bientôt.

Sur ces mots, l'homme sortit, laissant Tenaka seul avec ses pensées: <> Il chercha pendant quelques minutes un moyen pour survivre à cet homme qui n'avait qu'à étendre la main pour lui ôter la vie. Ne trouvant rien, il tomba dans un morne abattement dans lequel il resta plusieurs heures, laissant dériver ses pensées sans pour autant en avoir conscience...

Il fut tiré de sa léthargie grandissante par des sons de voix. Il s'agissait à l'évidence de deux hommes en train de discuter dans le couloir. Tenaka su que l'un d'eux était celui qui avait tenté de le tuer peu avant.

- Pourquoi est-il encore en vie s'il n'a manifesté aucune réaction psionique à ton assaut ?
- Il a survécu au stimulant. S'il n'avait aucune faculté, il serait mort.
- Qu'importe. S'il est incapable de s'en servir, il doit mourir. Il sait beaucoup trop de choses.
- Eh bien soit. Cela sera fait.

Silence... Tenaka entendit que l'une des personne s'éloignait. L'autre se tenait derrière la porte, laissant place au tueur.

- Il semble bien qu'on se soit trompé sur ton compte. Tu n'a manifestement plus d'autre choix que la mort maintenant.

Cette fois, il sortit de l'une de ses poches un pistolet et le braqua sur Tenaka. Ce dernier, emplit d'une haine soudaine contre cet inconnu qui le jugeait et le condamnait sans raison, bondit sur le coté et chargea. Le coup partit. La balle fila vers Tenaka et s'écrasa à 30 centimètres de sa poitrine, arrêtée par un bouclier psionique. Les pupilles de l'homme devinrent instantanément bleu et ses gestes s'accélérèrent. Tenaka eu juste le temps de le voir tirer une lame électrique de sous sa blouse avant qu'il ne sorte de son champ de vision à une vitesse surhumaine. Tenaka eu l'impression soudaine d'une lame se plantant dans sa gorge. Il se retourna, levant le bras pour essayer, dans une ultime tentative, de parer le coup qui allait venir. L'homme se trouvait derrière lui mais laissa échapper son arme, pas tant sous l'effet du choc contre cet obstacle si soudainement dressé, mais surtout sur le coup de la surprise. Tandis que la lame tombait désespérément lentement, Tenaka tenta de porter un
coup au niveau de la hanche. L'homme esquiva, enfonça son poing dans le ventre de Tenaka et assomma ce dernier d'un violent coup dans la
nuque du revers de la main. Il eu juste le temps de rattraper sa lame sur le point de toucher le sol avant que l'énergie psionique ne se
dissipe et que ses gestes reprennent leur vitesse normale. L'affrontement n'avait duré que quelques dixièmes de seconde.

Après avoir rangé soigneusement son arme, l'homme se pencha sur Tenaka avec un sourire. Non, finalement, il vivrait.

_______________


- Il est toujours en vie ? Tu as réussi à le rater ?

- Non, il a tout simplement passé le test avec succès. Non seulement il a réussi a ériger un bouclier psionique suffisamment puissant pour arrêter une balle tirée à bout portant mais il a aussi su accélérer son métabolisme. Accroître sa vitesse en modifiant son métabolisme grâce à des forces psioniques est un exercice éprouvant. Ce n'est pas donné à tous les Fantômes de réussir ce tour de force, même après de longues années d'entraînement. Alors pour un novice, voilà qui est exceptionnel.

- Il commencera donc sa formation dans un demi cycle. Voila qui est bien. Un élément aussi doué ne s'était pas présenté depuis longtemps. Qui sait ? C'est peut-être une future unité Alpha.

Les 2 Fantômes retombèrent dans le silence. Ce que l'un des deux avait gardé pour lui, c'est que Tenaka avait réussi à parer son premier coup alors qu'il n'avait pas encore décuplé sa vitesse. Il est humainement impossible de suivre les mouvements d'un Fantôme dans cet état alors pour anticiper son attaque... Décidément, ce garçon est surprenant. C'est sur cette pensée que l'agent Fantôme Alpha-Edge quitta son collègue et repris son poste, en attente de nouvelles instructions.
- N° 1251, c'est bien lui. Je ne sais pas pourquoi on nous a demandé de rester sur nos gardes. Encore un coup de notre capitaine. Je commence à croire que les drogues qu'il avale à longueur de journée lui font perdre la tête.

Tout en parlant, le marine pianotait sur le clavier de commandes pour entamer le processus de décryogénisation tandis que son collègue entamait une bouteille d'alcool synthétique de qualité médiocre.

- La peste soit de ces mesures de sécurités ! Il en a pour 3H minimum avant d'émerger, notre bonhomme. Je ne sais pas qui c'est ni s'il est dangereux mais il sera incapable de marcher en sortant de sa caisse. Et nous on doit poireauter ici pendant ce temps la... Enfin, ça nous évitera au moins de faire les corvées d'usages.

Après en avoir fini avec le clavier, il pris a son tour la bouteille déjà bien entamée et se servit.

2H45 et 3 bouteilles plus tard, le voyant au dessus du caisson s'éteignit et les marines le tirèrent alors vers eux. Un homme était dedans, les yeux ouvert mais pourtant voilés. Une cicatrice lui barrait le visage. En ce moment, elle était déformée par une ébauche de sourire qui se transforma vite en une grimace de douleur.

- Vous voilà de nouveau parmi nous, lui dit un des marines guise d'accueil. On a reçu l'ordre de vous escorter jusqu'au complexe
Epsilon mais vu votre état je crois qu'on va plutôt vous porter.

Tandis qu'ils progressaient dans les couloirs de la base, l'esprit d'Asharan s'éclaircirait progressivement. Il ne savait trop pourquoi mais il sentait un danger a proximité, dans le coeur même du complexe militaire. Dès qu'il fut en état de parler, il demanda où on l'emmenait.

- Au terminal Epsilon. Nous on est des simples marines, on n'en sait pas plus.

Lorsqu'il arrivèrent devant un sas blindé avec l'inscription:

''Terminal Epsilon, entrée interdite aux personnes non autorisées.''

Une silhouette apparut derrière le trio.

- Merci bien messieurs.

Les deux marines sursautèrent et se retournèrent vivement, prêts à sortir leurs armes.

- Rassurez-vous, si j'avais reçu l'ordre de vous éliminer, vous n'auriez pas eu le temps de sursauter. A partir de maintenant, je prends en charge l'agent Asharan ici présent, votre mission prend fin ici.

Les 2 marines s'en allèrent donc et retournèrent dans leur quartiers.

- Ces Fantômes, ils fichent la trouille à apparaître comme ça sans prévenir.

- Ouais, on raconte que ce sont les assassins de la confédération mais que le directoire lui-même ne les contrôle pas entièrement.

- Tais-toi ! On oublie ce qu'on a vu et on n'a transporté qu'un simple prisonnier politique. C'est le meilleur moyen de rester en vie.

Pendant ce temps-là, les deux Fantômes étaient entrés dans le terminal Epsilon, siège des services secrets de Tarsonis. Une fois arrivé dans les baraquements, le fantôme étendit Asharan sur un lit et augmenta légèrement la température dans la pièce à l'aide de la commande situé a proximité de la porte.

- Agent Asharan, vous avez 18H de repos. Après cela on vous expliquera la suite.

Asharan voulut lui demander plus de précisions mais le Fantôme avait déjà disparut. Il plongea bientôt dans un profond sommeil et perdit la notion du temps. Son métabolisme recommençait à fonctionner, le besoin d'énergie était énorme pour ce corps atrophié.

Un homme le tira de son sommeil et le força à se mettre debout. 18 heures avaient du s'écouler.

- On m'a chargé de te remettre d'aplomb. Suis-moi, un entraînement ne te fera pas de mal parce que dans cet état, tu ne nous est d'aucune utilité.

Encore chancelant, Asharan remarqua à l'insigne rouge et noir sur l'épaule gauche de son interlocuteur qu'il avait affaire à une unité Alpha. D'après ses dires, c'était un instructeur. Asharan le suivit tant bien que mal avant d'arriver à une esplanade en surface. C'était une cour de terre, jonchée de rocher de divers tailles et cerclée de haut murs noirs. Au milieu, se dressait un bâtiment préfabriqué en piteux état devant lequel on distinguait une vingtaine de silhouette. Vu le terrain où on l'avait emmené, c'était pour lui faire passer une épreuve de survie.

L'instructeur lui ordonna de se placer dans le prolongement de la rangée et se plaça en face d'eux. Asharan nota que tous étaient assez
jeunes et il en déduisit qu'il se tenait à coté des nouvelles recrues. Il remarqua aussi, non sans un certain étonnement, leur nombre assez important.

- Eh ben, je ne sais pas si le potentiel psionique des Terrans a globalement augmenté ou si c'est exceptionnel, mais je me souviens que nous n'étions pas plus de 10 dans ma promotion lors de ma formation.

Il fut tiré de ses réflexions par l'instructeur qui commençait ses instructions.

- Le nouveau venu est l'agent Asharan. Bien qu'il soit déjà un Fantôme et qu'il a achevé son apprentissage, il est actuellement très faible pour des raisons que vous n'avez pas à savoir. Cette épreuve de survie sera donc légèrement différente des autres. Vous n'aurez qu'un fouet neuronique comme arme. Bien entendu, aucune réglementation en ce qui concerne l'utilisation de la télékinésie ou autre facultés psioniques. Cependant, le but n'est pas de s'entretuer. Gardez cela en tête même en plein coeur de la bataille. Ce sont aussi vos attitudes à respecter les ordres qui ferons de vous des Fantômes. Et maintenant, DISPERSION !

Aussitôt, les jeunes recrues partirent dans toutes les directions, s'éparpillant sur l'ensemble de la zone. Asharan ne pu aller bien loin avant d'avoir des vertiges.

- Saloperie de cryogénisation ! C'est tout juste si je peux contrôler mon corps. Heureusement, je n'ai pas l'impression que mes facultés psioniques ont été affectées. Ce sera déjà cela pour passer ce test sans me retrouver bon dernier.

Ce qui lui restait d'honneur lui faisait en effet sentir qu'il serait presque humiliant de se faire rosser par ces jeunes recrues, des
bleus comme il les appelait. Il regarda l'arme qu'il avait en main. Un fouet neuronique, une arme à courte portée capable d'assommer une personne ou un gros animal d'un coup en agissant directement sur les nerfs touchés. Tandis qu'il faisait quelques étirements pour retrouver l'usage normal de son corps plus vite, il entendit un bruit derrière le rocher. Il se rendit invisible, puisant dans ses réserves psioniques afin de créer un camouflage optique quasiment parfait. Le fouet à la main, il contourna lentement le rocher, prêt à en découdre contre ce Fantôme aussi bruyant et tomba nez-à-nez avec un drône. Il s'agissait d'une sorte de robot monté sur quatre pattes sur le même schéma que les araignées, avec au milieu une caméra 360° lui offrant un champ de vue sans angle mort et 3 tourelles au dessus de cette caméra. L'unité d'alimentation devait se trouver dans le boîtier presque au ras du sol mais Asharan n'eu pas le temps de le mettre hors service qu'il encaissa un laser dans la poitrine. Sous le choc, crachant un peu de sang, il s'aperçut qu'il ne devait la vie qu'au réglage du robot, programmé pour mettre hors d'état sans tuer, la puissance des lasers au minimum. Un deuxième laser heurta le même endroit que le premier et lui fit perdre connaissance. Aussitôt à terre, il redevint visible et le robot tira un signal lumineux à la verticale de sa position, tout en restant immobile et vigilant.

Asharan se réveilla dans une pièce aux murs blancs - de toute évidence une infirmerie - et se rendit compte qu'il n'y avait aucune trace de blessure sur sa poitrine, hormis une légère douleur lorsqu'il appuyait dessus. Il se redressa et appuya sur le bouton situé au dessus de son lit. 5 minutes plus tard, l'instructeur arriva dans la pièce.

- C'est pas glorieux hein? Aucun réflexe, aucune capacité d'analyse. L'idée que ce robot était doté de caméras infrarouge ne t'est même pas venue à l'esprit. Je sens que ça va être long ! Tu n'a pas tenu 5 minutes dans cette épreuve de survie. On reprendra la même chose demain. Tu es convoqué sur le terrain d'entraînement n°2 a 6H. Pour l'instant, si tu veux aller manger, tu peux aller au réfectoire. Tu te présenteras ensuite à la section cybernétique du terminal Gamma.

Cela faisait moins d'une journée Tarsonienne qu'Asharan était sortit du sommeil froid et il était déja mis a l'épreuve.

- Mais qu'est ce que ces foutu Sentinelles peuvent bien avoir en tête, maugréa-t-il. Ou alors ce sont les services secrets qui pètent un câble. Si l'on m'a réveillé c'est pour une raison précise que je ne saisit pas pour le moment. D'ailleurs, personne ne m'a encore dit combien de temps j'ai passé à l'état de glaçon. Enfin bon, pour le moment, je meurt de faim, allons voir si le réfectoire s'est amélioré avec le temps.

Egal à lui-même, Il aperçut dans la pièce quelqu'un des bleus avec qui il avait fait l'épreuve de survie. Il bavardaient tout en mangeant, profitant d'un de leur rares moment de repos. C'était la preuve qu'ils n'avait pas fini leur conditionnement visant principalement à l'abolition de leur personnalité et au développement du sens de l'indépendance. C'est pour ça que les Fantômes ont si mauvaises réputation, ils sont d'un naturel taciturne en plus de leur réputation d'assassins.

Après avoir ingéré son repas (il ne pouvait se résigner à dire qu'il avait mangé vu la qualité des aliments), Asharan sortit de la section des services secrets et se dirigea vers le terminal Gamma. Ce devait être un nouveau secteur de la base parce qu'il ne savait absolument pas où aller. Après avoir demandé son chemin à un lieutenant qui passait par là, il arriva à la section cybernétique du département de recherche et développement de l'armée Terran. Après avoir procédé aux contrôles de sécurité préliminaires, il fut reçu par un bonhomme presque plus large que haut. Il avait un léger accent, sans doute venait-il d'une planète éloignée de Tarsonis. Il lui fit savoir que cela faisait 52 décacycles qu'il avait été cryogénisé. Asharan ne pu réprimer un juron, il ne s'était pas attendu à être resté à l'état de glaçon pendant si longtemps. L'homme continua avec un léger sourire:

- Je vois que vous n'êtes pas très au courant des modifications de l'armée Terran. Les progrès en cybernétiques ont été considérables. Vous êtes ici pour que l'on vous greffe sur l'ensemble du corps des implants destinés à accroître votre potentiel psionique et à augmenter votre résistance.

- Bien entendu vous avez omis de préciser que ces implants vous permettront de me pister partout. Le ton d'Asharan était froid et le sourire de l'homme disparu, une ombre de crainte passa dans ses yeux un bref instant.

- Peu importe ! reprit l'homme. Vous n'êtes pas ici pour me juger mais pour obéir aux ordres qu'on vous a donné. Veuillez me suivre.

L'homme s'enfonça dans les couloirs du terminal Gamma et Asharan lui faussa compagnie, rentrant dans ses quartiers.

- Là, les Sentinelles ne vont pas apprécier du tout ! Je suis sur que d'ici quelques heures j'aurai 3 Fantômes qui se présenterons gentiment en me conseillant de me plier au règlement et qui s'assureront que je ressorte bien truffé d'implants. C'est quand même rassurant de voir qu'on prend soin de moi...

Il se rendit dans ses quartiers et s'allongea, récupérant progressivement des forces. A sa grande surprise, il s'éveilla le lendemain sans avoir reçu la visite des représentant des Sentinelles.

A moitié endormi, il se rendit donc vers le terrain d'entraînement n°2. Encore une journée qui s'annonçait épuisante...
Voilà près d'un cycle qu'Asharan était sorti du sommeil froid et qu'il suivait un entraînement intensif tous les jours. Bien qu'il ait retrouvé toutes ses facultés depuis quelques jours, aucune instruction ni aucun ordre de mission ne lui était parvenu; c'est pourquoi il continuait à suivre les programmes d'entraînement. C'est durant ces programmes qu'Asharan s'était rendu compte que les implants cybernétiques destinés aux Fantômes ne jouaient que le rôle d'amplificateur. Il permettait un gain en puissance psionique mais ne garantissait aucunement un surcroît d'autonomie.

"Donc, ce ne sont que des gadgets inutiles. Mes pouvoirs psioniques sont suffisamment puissants pour éliminer n'importe quel être vivant mais je ne peux m'en servir souvent. Les gars du service technologique se sont encore plantés d'objectif." Voilà ce que pensait Asharan.

Tandis que ses pensées vagabondaient, il atteignit le terrain d'entraînement. Depuis que les dernières séquelles du sommeil froid avaient disparu, il simulait des combats contre des machines. Dans ce secteur-là, la cybernétique Terran avait fait d'énormes progrès. L'obstacle que constituait le terrain (reconnaissance et adaptation en conséquence) ayant été franchi, les drônes Terran n'avaient presque plus de failles. Ils restaient cependant cloisonnés dans les terrains d'entraînement faute d'avoir suffisamment d'énergie pour de longues missions. Asharan songeait à cela, au fait que les hommes seraient toujours supérieurs à ces vulgaires drônes sans pilote et s'apprêtait à triompher une fois de plus face à ces ''boîtes de métal'' comme il les appelait.

Haj, l'unité Alpha chargée de son entraînement arriva enfin mais, au lieu de lui remettre ses armes et de lui expliquer l'objectif de l'épreuve, il ne lui tendit qu'une capsule cylindrique arrondie sur les bords. C'était les capsules renfermant les ordres de missions pour les fantômes. Asharan retourna donc dans ses quartiers et, après avoir placé la capsule dans le compartiment approprié, il lança le programme de décryptage.

"Ca y'est, les Sentinelles se sont enfin souvenues de moi ! Cette mission arrive a point, les entraînements sont vraiment devenus chiants".

Son enthousiasme disparut cependant rapidement à la lecture des premières lignes du briefing.

- Qu'est ce que c'est que cette blague ? Je dois faire un vulgaire travail d'inspection dans un labo de la confédération perdu au milieu d'une planète dont je n'ai jamais entendu parler ? Les Sentinelles ont perdu la tête; elles m'envoient espionner un de leur propre labo et pour couronner le tout, c'est urgent. J'ai tout juste 4 heures pour me préparer et me rendre au spatioport.

C'est ainsi qu'Asharan se présenta 3 heures et 58 minutes plus tard devant un cargo d'une guilde de marchants en partance pour Crone, transportant son équipement de Fantôme dissimulé derrière des habits civils ou fourré dans un gros sac a dos.

Quelques cycles plus tard, Asharan débarquait sur une des rares colonie Terrane de Crone. Il avait largement eu le temps de se documenter sur cette planète et sur sa mission durant son voyage. Crone était d'une rare inhospitalité; planète éloignée de son étoile naissante, son atmosphère ténue était pauvre en gaz à effet de serre et la température moyenne avoisinait les -15°C. Colonisée depuis peu, il n'y avait en tout et pour tout que 4 colonies à sa surface. En fait, la seule raison à l'exploitation de cette planète était la présence d'immenses gisements d'iridium et de tecténium sous les 20 kilomètres de glace d'anhydride sulfurique. Les alliages à base d'iridium et de tecténium raffiné servaient à faire les meilleurs blindages pour les vaisseaux de la flotte Terran. Il n'était donc pas si étonnant de voir que les moyens mis en oeuvre pour coloniser et exploiter Crone étaient gigantesques. L'atmosphère était similaire à celle de Tarsonis (excepté la rareté des gaz permettant une élévation de la température) mais vu la faible masse de Crone, elle était beaucoup moins dense. Malgré cela, les Terran pouvaient y vivre sans avoir recours à des masques à oxygène ou des appareils de purification. Ce n'était pas les renseignements sur Crone qui manquaient mais ceux relatifs à l'ordre de mission d'Asharan qui étaient quasi inexistants. Il n'était fait mention nulle part dans les bases de données de la confédération d'un labo de recherche sur Crone. Ce n'était pas tellement étonnant de la part des services secrets de masquer leurs activités mais il n'y avait pas non plus de traces de ce labo dans les archives du service des renseignements. Ce labo n'existait donc pas. Pas officiellement au moins. Il ne restait donc plus qu'à Asharan à s'en remettre pleinement aux coordonnées fournies avec la capsule.

En atterrissant à Dantar, la seconde colonie de Crone, Asharan se dirigea vers un hôtel, contournant les systèmes de sécurité du spatioport et des douanes. Après tout, il était envoyé en mission secrète et ne pouvait pas réclamer un soutient officiel de l'armée pas plus qu'il ne pouvait utiliser son passeport d'officier comme laissez-passer. Il s'installa donc dans une chambre qui lui rappelait son baraquement de Tarsonis par son exiguïté et décida de s'accorder une nuit tranquille au frais des services secrets. Incognito, un Fantôme disposait de crédits quasi illimités et Asharan n'avait aucun scrupule à en abuser de temps en temps; encore une faille dans son conditionnement.

Le lendemain, il acheta un véhicule d'exploration tout terrain mais ne donna aucune réponse au marchand qui lui demandait ce qu'il comptait en faire. Il est vrai qu'en dehors de Dantar et des puits d'extraction de minerais, il n'y avait qu'un hostile désert de glace. 3 heures plus tard, après avoir traversé tant bien que mal ce qu'on pouvait rapprocher d'une chaîne montagneuse en glace d'anhydride sulfurique, Asharan fit une pause. D'après les coordonnées du sattelite, il ne se trouvait plus qu'à 30 minutes de marche du labo. Il décida pour sa première visite de n'emporter qu'un pistolet automatique à balle et une lame électrique (en fait, une version plus puissante mêlant de l'énergie électrique fournie par une pile atomique intégrée dans le manche à la puissance psionique du porteur). Il laissa sur place son fusils d'assaut, les divers capsules de stimulant et autres gadgets Fantôme. Il finit donc le chemin à pied, s'enveloppant dans un épais manteau acheté à Dantar.

Une demi-heure plus tard, il arriva devant une lourde porte en Iridium et se présenta à l'interface de communication audio-visuelle. Pas de réponse. Pourtant tout marchait bien mais l'écran en face d'Asharan restait désespérément vide. Là où aurait dû se trouver un garde ou un portier quelconque, on ne voyait qu'un siège vide.

- Hé bien ça commence fort ! Perdu au milieu de nulle part, ce labo est en plus désert. L'inspection va être encore plus longue que prévue.

Après avoir remarqué un clavier alpha-numérique de verrouillage, Asharan s'abstint de faire sauter la porte et la débloqua en piratant le système. Il revint tout de même à son campement, le démonta, le replaça à 30 mètres du labo et emporta tout son armement cette fois-ci. C'est donc prêt à tout que l'agent Fantôme Asharan s'engagea dans les couloirs déserts du labo de recherche.
Après avoir parcouru quelques mètres de couloir, Asharan arriva dans une pièce qui ressemblait vraissemblablement à un hall ou plutôt, une pièce de repos. Un bruit attira son attention et il pointa aussitôt son arme sur le placard d'où était venu cette sorte de gémissement. La plainte venait en faite d'un lit à l'autre bout de la pièce où Asharan distingua une forme sombre. En s'approchant, le fusil d'assaut en main, il s'aperçut qu'il s'agissait d'un Terran affreusement mutilé. Il était prostré, recroquevillé sur lui même, mais il lui manquait une main et la seule jambe qui lui restait présentait tous les signes d'une gangrène. Asharan tenta de l'aider et de lui poser des questions sur ce qu'il se passait mais dès qu'il prononça son premier mot, l'homme se tendit et le regarda fixement, la folie se lisait dans ses yeux. Sans crier garde, il lança avec une vivacité étonnante un couteau qu'il serrait dans sa main restante, visant cet intru inconnu. Asharan évita l'arme et acheva son agresseur sans l'ombre d'une hésitation. Un examen attentif du cadavre révéla qu'il avait du être lacéré par quelque chose (Asharan n'arrivait pas à en déterminer l'origine) et qu'il n'était resté en vie que par une substance inconnue qu'il avait ingéré à forte dose. Après avoir passé au peigne fin cette première salle, Asharan déboucha dans sur une autre pièce, moins grande mais beaucoup plus intéressante. Il découvrit en effet des rapports imprimés sur les activités de ce centre de recherche.

"Rapport S-1039: Les premiers essais sont concluants, la taille des créatures exposées à de fortes doses de Mogrite a augmenté de 40%. Cependant, à partir d'un certain seuil de radiation, leur métabolisme change et se met à rejeter la Mogrite. Le taux de nécrose cellulaire atteint rapidement les 100%. Les créatures les plus résistantes sont prises d'une frénésie meurtrières et ne survivent pas plus de 2 cycles."

A coté de ce rapport, Asharan aperçut des vitres blindées derrières lesquelles on voyait des créatures de type insectoïde mesurant plusieurs dizaines de centimètres. Il n'y avait plus la moindre trace de vie.

- Je ne suis pas un expert en entomologie mais des insectes aussi grands ne devraient exister sur aucune des planètes de la confédération.

En sortant de cette salle, Asharan emprunta ensuite un couloir en verre d'où l'on voyait d'autres cuves blindées similaires à celles rencontrées précédemment. Dans chacune d'elles, des créatures mortes plus ou moins décomposées. Asharan découvrit sur une table un autre compte rendu:

"Rapport S-1045: L'exposition aux radiations de Mogrite engendre chez les créatures les plus résistantes un changement radical de leur métabolisme. Elles ne dorment plus et leur tissus cellulaires ont l'air de se restructurer. Nous ne connaissons pas encore les conséquences de ces mutations."

Plus loin, Asharan déboucha sur une salle circulaire s'étendant sur 2 niveaux. Il s'averrait que le labo était en grande partie souterrain. A l'autre bout de la salle, un point s'illumina et une rafale de balle détruisit le terminal à coté d'Asharan. Un éclat métallique lui blessa légèrement la jambe gauche. Se jetant immédiatement à terre, il évita de justesse une autre rafale. Il tira à son tour vers l'ombre qui s'écroula sans un cri. Il baissa sa visière et activa le détecteur de mouvement. Rien ne bougeait sur les 30 mètres alentours. A moitié rassuré, Asharan avança plus prudemment, ignorant sa blessure. L'entraînement Fantôme prévoyait un contrôle total du système nerveux, permettant une suppression de la douleur. En s'approchant du cadavre à peine tiède, il découvrit une nouvelle fois un scientifique du complexe sous l'influence d'une drogue probablement à l'origine de sa folie meurtrière. Pour inspecter le corps, Asharan avait dû descendre à l'étage inférieur et, son examen fini, il commença à explorer les alentours. Parmi les tables renversées et au milieu des cables sectionnés, il découvrit une carte d'accès d'un scientifique dans une blouse maculé de sang (Asharan se demanda où était passé le propriétaire mais en repensant à son récent affrontement, il se dit que cette situation n'était pas si mal comme ça).

Sur le seul ordinateur encore en fonctionnement (il dû quand même l'alimenter avec une pile à mircofusion provenant de sa lame électrique), il accéda à un compte rendu des expériences pratiquées dans cette salle.

"Rapport S-1082: Les crédits accordés sont doublés, le haut commandement veut des résultats. Le taux de réussite pour maintenir les sujets en vie est encore trop bas. Les effectifs des équipes de forage vont également être augmenté de 80%."

"Rapport S-1083: Les sujets exposés à des radiations de Mogrite ne peuvent plus être maintenus en vie si on les cryogénise, le froid les affaiblit considérablement. En revanche, les..."

Asharan s'apprêtait à lire la suite lorsqu'il entendit un bruit de verre brisé. L'obscurité se fit. Asharan n'avait pas remarqué que le centre disposait encore d'énergie mais maintenant que les lumières s'étaient éteintes, ce manque se faisait cruellement sentir. Asharan fit un bond sur le coté (plus par réflexe qu'autre chose) et activa la vision infrarouge de sa visière. Si un ennemi essayait de se cacher dans l'ombre, il le verrait tout de suite. Par contre, la vision du terrain était nettement moins bonne. Tout en armant son fusil d'assaut, Asharan se déplaçait rapidement parmi les ombres, cherchant un éventuel intru à l'origine de la coupure de courant. Grâce à une opération sur l'encéphale des Fantômes, ils ne connaissent pas la terreur. Ils ne peuvent ressentir qu'une légère peur les avertissant d'un danger mais ne pouvent pas céder à la panique. C'est grâce à cela qu'Asharan restait parfaitement maître de soi, canalisant son énergie psionique, prêt à s'en servir.

L'autonomie psionique des Terran était très limitée et, bien que largement au dessus de la moyenne, Asharan ne pouvait s'en servir que pendant de trop courtes minutes. De plus, coordonner l'effort physique avec la concentration psionique était extrêmement difficile. C'est donc en prévision d'un affrontement durable qu'Asharan n'utilisait pas encore ses facultés psioniques. Alors qu'ils vérifiait si personne ne se trouvait derrière une armoire à la porte arrachée, une ombre tomba du plafond, lui arrachant son arme des mains. Son agresseur avait un vague ressemblance avec les petits carnivores au pelage blanc qui pullulent dans les déserts de glace de Crone mais sa taille avait presque doublé et il était aussi plus rapide que ses congénères. Après s'être réceptionné, il se ramassa sur lui-même et bondit sur Asharan qui esquiva in extremis en se saisissant de sa lame électrique. Faisant volte face, la bête se rua sur Asharan mais au lieu d'attaquer de front, elle se propulsa sur le mur d'à coté, rebondissant sur celui-ci et réussis à entailler le bars d'Asharan. Le Fantôme se jeta à terre, minimisant les dommages et sauvant les point vitaux visés. Il roula sur lui même, se releva et eu a peine le temps de brandir sa lame devant lui pour embrocher la bête qui chargeait de nouveau. Dans un cri d'agonie, le monstre s'affaissa sur la lame et tomba sur le sol lorsque le fantôme cessa d'alimenter son arme en énergie. Malgré la brièveté de l'affrontement, Asharan était épuisé. Il fallait un apport d'énergie psionique pour alimenter la lame et l'effort pour la maintenir en fonctionnement après sa blessure au bras lui avait beaucoup coûté. Il décida pourtant de continuer son exploration non sans avoir préalablement trouvé la cause de la coupure de courant et réparé le câble sectionné.

Après quelques salles sans intérêt, il arriva face à une porte au blindage renforcé et l'ouvrit grâce au pass magnétique trouvé peu avant. Il prit l'ascenseur qui se présentait devant lui et entama une longue descente. Après de longues minutes d'attente dans la cabine exiguë, l'ascenseur s'ouvrit. Il avait du descendre sur plusieurs centaines de mètres et la vu qui s'offrit lui a lui lui coupa le souffle.

Une gigantesque caverne taillée sous la glace s'étendait devant lui. Asharan ne savait pas comment la lumière parvenait à arriver jusqu'ici mais l'effet obtenu était grandiose. La glace jouait le rôle de multiples prismes et la caverne était baignée d'un lueur irisée. Du point de vue d'Asharan on pouvait distinguer d'énormes installations Terran. Certaines ressemblaient à des puits de forage, d'autre faisaient penser à des raffineries et le reste du complexe présentait toutes les caractéristiques d'un centre de recherche. Devant l'immensité de la tâche, Asharan décida de rebrousser chemin et de continuer un autre jour, le temps de se soigner et de récupérer. Alors qu'il allait franchir de nouveau le seuil de l'élévateur, un hurlement retentit derrière lui. Une bête énorme semblable à un Kurgadon chargeait (pour ce qu'Asharan pouvait en juger, il n'avait vu qu'une fois un Kurgadon, et c'était au zoo, dans un de ses trop rares moments de loisirs). Pris de cours, Asharan ne pouvait pas utiliser son fusils d'assaut accroché dans son dos et la lame électrique était bien loin de pouvoir venir à bout d'un pareil monstre. Il eu juste le temps d'arrêter la bête par un puissant bouclier psionique à 1 mètre de lui. Furieuse, elle tentait de percer ce mur invisible pour déchiqueter cet intru. Elle finit par s'écrouler lorsqu'un épieu de glace arraché à la voûte par télékinésie lui traversa la tête. Hors d'haleine et couvert de sang, Asharan s'échappa de cet endroit par l'élévateur. Il venait de consommer la quasi totalité de ses réserves psioniques dans cet affrontement. Tandis qu'il traversait prudemment (mais rapidement quand même) le labo en direction de la sortie, il réfléchissait à tout ce qu'il avait vu. Qui était ce haut commandement ? Est-ce la confédération qui avait implanté ce labo et qui dirigeait les recherches ?

- Une chose est sûre, ce labo échappe complètement à tout contrôle. Les créatures engendrées par ces mutations ont du détruire un partie du complexe, tuer les chercheurs puis mourir. Je vais demander des renforts aux 5 et tant pis si ça ne leur plait pas. Je n'ai pas le courage - ni même la capacité - de nettoyer tout ce nid de vipères, j'en aurais pour des siècles entiers.

Arrivé à son campement, il verrouilla la porte du labo et chercha la fréquence cryptée de l'armée Terran. Une fois la liaison établie et les quelques fonctionnaires passés, il fut en communication avec une unité Alpha.

- Agent Fantôme Asharan en mission sur Crone, je demande une troupe de marines en renfort avec quelques dynamiteurs.

- Pourquoi avez-vous besoin de cela ?

- Je vais vous faire parvenir une copie des données que j'ai récupéré dans le labo que je suis censé inspecter. Il n'y a plus de Terran en vie, des créatures mutantes en libertés ont faillit me tuer et j'ai découvert il y a peu une cavité profondément enfouie sous la glace. Personne ne sait exactement ce qui se passe la-bas et l'endroit n'est pas sûr. Dans les pire des cas, les rebelles pourraient s'emparer de cet endroit s'ils en apprenaient l'existence. Je pense que le plus sage est de faire sauter tout ça.

En disant cela, Asharan exploitait la peur des rebelles pour obtenir des renforts, sachant que la confédération était plus encline à protéger son hégémonie sur son empire plutôt que de mener à bien des missions de reconnaissances.

- Je vois que ce qui se passe n'était pas prévu au départ, la situation sembla voir échappé à votre contrôle. Une pointe de mépris perçait dans la voix de l'interlocuteur d'Asharan. Je vais en refferrer aux 5 sentinelles. Rejoignez Dantar et attendez les instructions. Soyez à l'écoute sur la fréquence cryptée tous les jours vers 15H en unité tarsonnienne de temps.

- OK, bien reçu. Terminé.

Il avait réussi à décrocher des renforts, c'était maintenant quasiment certain. C'est donc plus satisfait qu'inquiet qu'Asharan rejoignit Dantar. Avec une troupe de marines et des dynamiteurs, ce labo ne serait pas un problème bien longtemps.
Cinq cycles plus tard (des vacances bien trop courtes pour Asharan), un transporteur de la confédération débarqua. Il y avait en plus des trois caisses de matériel divers (dont beaucoup d'explosifs), 8 marines, 3 flammeurs et 2 spécialistes en explosifs. Les soldats n'avaient pas sur eux leur combinaison de combat ni tout leur armement, ce qui laissait présager qu'on lui avait envoyé des bleus ou au moins, que personne ne les avait informé de leur mission. Les Fantômes avaient un rang spécial dans l'armée Terran. Sous le commandement des seuls Fantômes Alpha (et des 5 Sentinelles mais ça peu de monde le savait), ils agissaient souvent en solitaire, dans des missions d'espionnage ou d'assassinat. L'aura de mystère qui filtrait d'eux les rendait souvent antipathiques mais tous les soldats jusqu'aux lieutenants devaient les considérer comme leur supérieur hiérarchique. Après avoir fini de débarquer le matériel, un homme s'avança vers Asharan qui était resté en retrait tandis que les autres restait au garde-à-vous près du dropship.

- Adjudant Fenris, Marine 1ère classe. Nous avons reçu l'ordre de nous mettre à votre disposition.

- Unité Fantôme Asharan. Avez vous de quoi vous loger?

- Affirmatif. On a un transporteur blindé tout terrain. Ca servira d'entrepôt et de campement vu que les structures militaires à Dantar sont quasi-inexistantes.

- Très bien, on pourra donc en finir le plus tot possible avec ce labo. Ca nous évitera de perdre trop de temps à installer un campement a proximité. Est ce qu'on vous a expliqué pourquoi vous êtes ici ?

- Non, on dois juste suivre vos instructions.

Asharan étouffa un juron. On lui avait donc envoyé des bleus qui ne connaissaient rien à rien et qui risquait de détaler au moindre danger.

- Ok, demain, rendez-vous à la sortie principal de Dantar. A 10H vous êtes tous présent, pas équipé. Briefing d'une demi heure. Ensuite vous suivez mon véhicule, on établit le campement à 50 mètres du labo. Une heure de préparation et là, on verra comment on procédera. J'aurais le temps d'y réfléchir. Rompez.

Salut général.

Les hommes s'affairaient à ranger le matériel tandis qu'Asharan les observaient attentivement. L'adjudant a qui il avait parlé ne devait pas être première classe depuis longtemps et ses galons ne devaient pas être beaucoup plus vieux. Les 12 autres ne valaient pas vraiment mieux. Des bleus tout droit sortit de l'académie militaire sans aucune expérience. Asharan espérait juste que les ingénieurs spécialisées en explosifs connaissaient leur métier. Lui-même connaissait quelques trucs mais c'était avant tout un Fantôme spécialisé dans la télékinésie et autre facultés psioniques.

Lors du briefing du lendemain, Asharan leur expliqua très précisément ce qu'il avait vu en se gardant toutefois de leur faire part sur ce qu'ils pourraient trouver en plus des gros insectes mutants. Il lu de la peur sur 3 visages et de l'angoisse sur 2 mais les 3 autres restèrent impassibles. Après avoir fini, Asharan proposa à ceux qui le désirait de partir et de rester dans une chambre à Dantar à leur frais ou de revenir dans leur baraquement sur Tarsonis. Personne n'accepta sa proposition, au moins le mental des troupes confédérées était solide. C'est ainsi que les 14 soldats de dirigèrent vers ce labo souterrain perdu au milieu d'un désert de glace.

Arrivé là-bas, après quelques heures de voyage, ils installèrent leur campement et revêtirent leurs armures. Après avoir attendu un retardataire au cheveux aussi noir que ses yeux, le groupe se mit en branle et pénétra dans le labo. Avec tout leur équipement, les marines dépassaient d'une bonne tête Asharan qui ne portait pas grand chose d'autre que sa tenue de combat sans casque ni armure encombrante et son armement. C'était là le grand avantage des Fantômes, ils n'avaient pas à trimballer un équipement aussi lourd qu'inutile. C'est aussi pour ça qu'Asharan occupait l'arrière garde. En cas de péril, il y avait quelques armures devant lui, largement de quoi stopper des éventuels projectiles non explosifs. Il en profitait pour évaluer l'efficacité de chacun. Vu qu'il avait déjà passé au peigne fin ce niveau du labo, le danger était minime et il pouvait se consacrer tout entier à son évaluation du groupe. Des 13 soldats, seuls 2 sortaient du lot. Le premier était le retardataire au cheveux noir, son paquetage était était légèrement plus gros celui des autres mais il se déplaçait cependant avec aisance et réagissait bien plus vite que les autres lorsqu'un bruit se faisait entendre. Le second était un flammeur. Depuis quelques minutes, il était assez nerveux et cela se voyait facilement. Il sursautait pour un rien et avait déjà laché 1 ou 2 fois son arme dans un mouvement de frayeur. Aussi étrange que cela puisse paraître, il avait l'air de connaître les lieux. Au fur et à mesure de la progression, le flammeur se déplaça en tête de groupe et sa nervosité disparut. Le groupe arriva dans la salle circulaire à deux étages qu'Asharan reconnu immédiatement. Rien n'avait changé et le groupe se dispersa pour la fouiller de fond en comble. Sous un tas de décombres qu'Asharan n'avait pu déblayer, 3 marines découvrirent une caisse blindée en Iridium. Le couvercle était scellé mais d'après les inscriptions visibles sur le coté, le container renfermait quelque chose de toxique et hautement dangereux. Un des marines proposa de faire sauter le scellé afin d'inspecter le contenu mais Asharan s'y opposa. S'il fallait analyser quoi que ce soit, l'envoyer sur Tarsonis était la meilleure option.

Ils allaient quitter la salle lorsque le marines aux yeux couleurs de jais qu'Asharan avait repéré découvrit une porté dérobée dans la paroi. Elle débouchait sur un couloir complètement obscur. S'avançant prudemment, les soldats allumèrent les lampes de leur casque et celle sur leur fusils. Après 15 mètres, ils déverrouillèrent une porte et arrivèrent dans une salle gigantesque. Au milieu se dressaient 3 tubes de verre blindé, légèrement bleuté. Il atteignaient presque le plafond et leur diamètre devait bien être d'aux moins 2 mètres. Deux d'entre eux était brisé, des éclats de verres jonchant la surface et le troisième était rempli d'une substance verte pâle, légèrement luminescente. La flammeur au comportement étrange se précipita vers une caisse fendue d'où s'échappait la même substance verte. Alors que l'adjudant Fenris lui ordonnais de revenir et de reprendre sa place dans le groupe, le flammeur se retourna et fit feu sur son supérieur. Légèrement à l'écart, Asharan vit deux marines (dont Fenris) et un flammeur se faire engloutir dans un torrent de flamme. Deux autres marines moururent lorsque la réserve de plasma du flammeur explosa. Aussitôt remis de leur surprise, les survivant criblèrent de balle le flammeur pris de folie. Tandis qu'on soignait les blessé, une chose tracassait Asharan; lors du premier assaut, un marines avait esquivé le jet de plasma mais Asharan aurait juré qu'il l'avait détourné (ou au moins, retenu) lors de son saut de coté. Désormais, il aurait particulièrement à l'oeil ce marine aux réflexe trop vif et cependant efficace. C'est quand même grâce à lui que le groupe avait pu pénétrer dans cette pièce tenue secrète. Raison de plus pour le surveiller. Asharan décida que cela suffisait amplement pour une simple reconnaissance. Il donna l'ordre de rentrer au campement tandis qui finissait d'explorer cette salle. Il ne trouva absolument rien. On dirait que 'on' avait pris soin de faire tout disparaître peu avant. Il n'y avait pas la moindre donnée sur les ordinateurs, pas la moindre information sur un quelconque support papier. La seule chose étrange c'était cette substance verte qui avait l'air d'être a l'origine de la folie du flammeur. Par contre, Asharan avait l'impression que ses facultés psioniques étaient affaiblit. Curieusement, on aurait dit que c'est cette substance qui l'empêchait de déployer tout son potentiel psionique. Son exploration finie, il regagna le campement en soupçonnant la substance verte d'être le Mogrite mentionnée dans les rapports.

Une fois dehors, il rejoignit les autres et était une communication avec Tarsonis. Après consultation de la base de donnée générale des services secrets, il apprit que le flammeur devenu fou avait fait partie du service de sécurité de ce labo pendant 18 décacycles et qu'il avait pris 2 décacycles de permission sur Chau Sara avant d'être envoyé sur Crone pour prêter main forte à Asharan. La confédération avait donc totalement perdu le contrôle de ce centre en deux décacycles maximum, ce qui était particulièrement cours pour un complexe aussi vaste. Il restait aussi le problème potentiel du marine trop doué à l'intuition surdéveloppée. La base de donnée de la confédération ne révéla rien de notable sur lui. Un dénommé Akorahil, soldat sortit de l'académie depuis 15 décacycles et avec un parcours des plus classique. En bref, rien de très inhabituel. Peut-être quelqu'un qui avait échappé à l'examen médical et qui avait développé ses dons sans être incorporé de force dans les forces Fantôme.

Pour le moment, ça suffisait largement. Repos jusqu'au lendemain qui ne risquait pas d'être de tout repos.
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