Fanfiction StarCraft: Ghost

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Aeternum Bellum

Par [Mastermind], Jbp, Le Corrompu

Chapitre 1 : L'alpha

Chapitre 2 : La révolution Korhalienne

Chapitre 3 : Pavillon Pourpre

Chapitre 4 : Premières frappes

Chapitre 5 : Alea Jacta Est

Chapitre 6 : Le Deuxième Cavalier

Toute histoire a un contexte. La notre commence dans un futur proche. La Situation géopolitique sur Terre est des plus complexe. La domination des grandes puissances occidentale est révolue depuis que les pays du Tiers monde ont acquis suffisamment de puissance économique et militaire pour rivaliser avec elles. Les développements fulgurant de la cybernétique et de la génétique ont causé de profondes modifications chez l'être humain, tant par le biais d'implants cybernétiques que par des manipulation génétiques. Nombre de religions et de parti pro humaniste s'insurge contre de telle pratique et au fil des années, l'anarchie s'empare du globe, les vieux équilibres rompus.

C'est alors qu'ait créer la LPU, la Ligue des Puissances Unies a laquelle adhère presque l'ensemble des états terriens. La LPU promulgue des lois et décrets interdisant les modifications de l'être humain ainsi que l'ensemble des vieilles religions. L'humanité doit prendre son destin en main grâce a la pureté de sa race !

Une immense purge est organisée, des millions de personnes sont tuées et quelques milliers emprisonnés, tandis que la LPU tourne son regard vers les étoiles. Effectuant de fulgurantes avancés dans le domaine du voyage spatial, les terriens colonisent l'ensemble du système solaire dans une politique visiblement expansionniste.

C'est alors qu'un homme, Doran Routhe, eu une idée lourde de conséquences.

Voulant a tout prit obtenir plus de puissance au sein du nouveau régime, il se prit a espérer coloniser de lointaines planètes avec les prisonnier de la grande purge. Si il réussissait, sa fortune était assurée ! Il créa le logiciel ATLAS dans le but de voir quels prisonniers pouvaient entreprendre le voyage, sur les 56000 étudiés, 40 000 seulement pourraient y participer au vu des rudes conditions de voyages, les passagers devant être plongés dans un sommeil cryogénique. Les prisonniers furent alors embarqués à bord de quatre énorme transporteurs automatisés conçu pour le voyage interstellaire.

ATLAS fut installé sur le premier transporteur, le Nagglfar, et les trois autres : le Reagan, l'Argo et le Sarengo lui furent asservi tandis que lui furent rentré les coordonnées de Gantris VI.

Mais un incident se produisit, le système de navigation tomba en panne, effaçant les coordonnées de Gantris VI mais également celles de la Terre. De ce fait, le voyage qui ne devait durer qu'un an, dura près de 30 ans. Pendant toute la durée du voyage, des modifications se firent chez certains des passagers, a peine 1%, mais ATLAS comprit qu'il suffirait de quelques générations pour qu'elles s'étendent a toute la population : ces modifications augmentaient le potentiel psionnique latent du cerveau humain, permettant a ce dernier d'user de capacités hors normes telles que la télépathie. ATLAS envoya ces données sur Terre, sur l'ordinateur même de son créateur : Doran Routhe

Finalement, au bout de 28 années de voyage hyperspatials, les moteurs des vaisseaux lâchèrent et ceux ci sortirent dans l'espace conventionnel a des milliers d'années lumières de leur Terre natale. Le Sarengo s'écrasa violemment sur la planète qui prendrait le nom d'Umoja, tuant tous ses passagers, suivi de peu par le Reagan, qui lui débarqua ses passagers sain et sauf.

L'Argo quand a lui se posa sur la planète rouge qui prendrait le nom de Moria. Les survivants de ces deux vaisseaux se rendirent compte que ATLAS avait effacé toutes les données sur leur voyage et ils se retrouvèrent donc dans un lieu qui leur était inconnu.
Le Nagglfar, quand a lui, se posa sur la verdoyante planète qui deviendra Tarsonis. Ces occupants, quand a eux, eurent accès a quelques parties de la base de donnée d'ATLAS.

Les rescapés se mirent donc, sur trois planètes différentes, a se construire une nouvelle vie, ignorant totalement le sort des autres vaisseaux.

Chaque planète devint vite prospère et Tarsonis, la plus avancé technologiquement, mit au point un programme d'exploration et de conquête spatial. A l'aide de nouveau moteurs hyperspatiaux, les vaisseaux tarsoniens découvrirent les deux autres planètes occupées.
Plusieurs traités furent signés entre les trois planètes, et malgré la pression de la confédération terran, gouvernement tarsonien, en faveur d'un gouvernement unifiée, Moria et Umoja préférèrent rester autonomes.

Ces humains se trouvaient alors dans un nouveau monde, et l'on aurait pu penser, que comme pour les Amériques il y a de ça plusieurs siècles, les colons tenteraient de créer un monde exempt des débordements qu'a connu l'ancien, mais ce ne fut pas le cas. Comme pour les Amériques, les colons créèrent sur ce nouveau monde, une réplique exacte de l'ancien.

La confédération s'étendit a plus de 9 planètes, acquérant une puissance militaire prépondérante dans le secteur. En réponse, les habitants de Moria créèrent le Combinant Kel Morian, qui s'engageait a soutenir tous les mineurs aux prises avec la confédération.

S'en suivit le premier grand conflit du secteur de Koprulu : la Guerre des Guildes qui dura près de quatre années. A la fin, les compagnies minières furent quasiment toute avalés par les holdings confédérés mais Moria obtint son indépendance vis a vis de Tarsonis. Devant ces actes, les habitants d'Umoja créèrent le protectorat Umoja. Mais a la fin, la Guerre des Guildes mit la confédération dans une position prédominante dans le secteur Koprulu. Cette dernière continua a s'agrandir, sa bureaucratie corrompu continuant d'asphyxier les populations, créant ainsi mouvements de résistances et de pirateries.

Jusqu'a Korhal......

Maintenant que le contexte est planté, passons au deuxième élément crucial d'une histoire : un ou plusieurs héros. Mais ici vous n'aurez pas de ces personnes empreintes de noblesses d'esprits, point de pouvoir psi terrifiant ou une bravoure inébranlable. Non le personnage que nous allons vous présenter est des plus normaux. Il s'agit du capitaine Silence, 35 ans, capitaine du destroyer béhémot Léviathan. C'est un homme de taille moyenne, brun aux yeux marrons. Il n'a ni femme, ni enfant, du moins a ce que sait son équipage et s'en accommode très bien, sa vie entière il la dévoue a la flotte. Il peut sembler étrange qu'un homme si jeune, sans aucune influence dans les hautes sphères du pouvoir confédéré, commande son propre destroyer . Silence est devenu capitaine en suivant la voie habituelle, diplômé de l'école confédéré de formation des officiers, il était lieutenant au cours de la guerre des Guilde et obtint son grade de capitaine peu après, en servant fidèlement la confédération sur tous les fronts.

Ainsi nous trouvons donc notre jeune capitaine dans la cabine de son destroyer, recevant un appel urgent du haut commandement militaire confédéré sur korhal. Ce message faisait état de violentes émeutes sur la planète. La confédération avait décrété la loi martiale et lui, Silence, était chargé d'assurer en coordination avec 4 autres bâtiments, la bonne application de la loi.

Le capitaine se leva et se rendit sur la passerelle.

« Comandant sur le pont ! »

Saluant d'un geste de la tête l'enseigne qui venait de notifier son arrivée, Silence se dirigea vers son fauteuil de commandement.

« Second ! Programmez un trajet vers Korhal immédiatement !

- A vos ordres commandant ! Officier de navigation ! Calculez le trajet jusqu'à Korhal et partez immédiatement !

- Sir ! yes Sir ! »

Quelques minutes plus tard, les moteurs du vaisseaux montèrent en puissance et le Léviathan passa en hyperespace.

Quelques heures plus tard : orbite de la planète Korhal.

Le Léviathan émergea de l'hyperespace et se positionna en orbite haute autour de la planète. En l'espace d'une demi heure, les 4 autres destroyers émergèrent de l'hyperespace et se positionnèrent en orbite haute géostationnaire autour de la planète.

« Officier de communication, joignez les commandants du Vent Noir du Destructeur, du Jackson Five et du Saratoga !

- A vos ordres monsieur !

- Communication établie commandant.

- Bien. »

Quatre visages apparurent sur les écrans de communication de la passerelle, en face de Silence.

-« Bonjours messieurs, je penses qu'il est temps de mettre au point la façon dont nos troupes seront déployées.

- En effet Silence. Je propose que vous déployiez vos troupes dans les quartiers étudiants. Ces jeune échauffées ont été les premiers a manifesté, pour ma part je déploierais les miennes dans les zones industriels a l'aide des troupes du Vent Noir. Tandis que les forces du Saratoga et du Jackson five se chargeront des quartiers administratifs et des sièges des grandes sociétés. Etes vous d'accord messieurs ?

- Tout à fait capitaine Pacino.

- Bien, maintenant exécutons nos ordres. »

La communication se coupa et le capitaine Silence se leva.

« Faites venir les commandant de section dans mes quartiers pour que je leur donne leurs ordres.

- Bien commandant. »

Silence se dirigea vers ses quartiers. Une fois arrivée il n'eut a attendre que 5 minutes avant que 4 hommes n'entrent a leur tour et le saluent.

« Messieurs, rompez. La confédération a décrété la loi martiale sur Korhal suite aux émeutes des temps derniers. Vos troupes seront chargées de l'assurer dans les quartiers étudiants de la capitale planétaire et unique grande ville. Vous connaissez vos ordre : couvre feu a 6 heure, pas de réunions de plus de 10 personnes au même endroit, etc... Toute personne entrant en infraction devra être arrêtée.

- Sir ! Yes Sir !

- Bien, et si jamais des émeutes venaient a se produire, vous les sommerez une seule fois de se disperser. En cas de non obtempération, vous avez ordre d'ouvrir le feu !

- Sir ! Yes Sir ! »

Aucun des marines ne réagit a ce dernier ordre sinon par une acceptation totale. Neurosocialisé, ils ne vivent que pour servir la confédération. Silence le sait et ne s'étonne pas de ce fait. Les ¾ du corps des marines sont constitué de ces zombies lobotomisés et fidèles jusqu'à la mort.

-« Bien messieurs, vous partez sur l'heure! »

Quelques heures plus tard, une dizaine de navettes confédérées emmènent les marines du Léviathan sur la planète Korhal.
La foule était en liesse. Dans les rues de chacune des villes de la planète Korhal, les ex-citoyens de la confédération manifestaient leur joie de s'être libérés. Et il y avait de quoi être joyeux. Korhal était la première planète depuis la fondation de la confédération à gagner son indépendance. Enfin, tout du moins, elle serait la première, car il fallait pour gagner sa liberté faire partir les forces armées du gouvernement central.

Marc Mordego faisait partit de la foule qui se pressait au quartier des étudiants. Comme le reste de la foule, il ne savait pas comment se passerait la suite. Ces émeutes risquaient d'êtres réprimées dans le sang, et alors, tout cela n'aurait servit à rien. Mais, sans prévenir, l'écran géant du quartier s'alluma.

Contrairement aux appréhensions de la foule, ce ne fut pas un militaire confédéré qui apparut, mais peut-être le seul sénateur korhalien qui n'était pas corrompu par la confédération, Angus Mengsk. Il prit la parole, s'adressant aussi bien à son peuple qu'a la confédération.

« Mes amis, comme vous venez de la montrer aujourd'hui, vous avez soif de liberté. Vous en avez assez d'être exploité par Tarsonis alors qu'elle vous doit la majeure parie de sa puissance actuelle. Vous voulez maintenant déterminer votre propre chemin seul. Tout cela, je le sais car je le désire moi aussi.

A partir de maintenant, je déclare nulle l'appartenance de Korhal à la confédération. Nous sommes désormais libre de nos choix et personne ne nous forcera à choisir contre notre gré.

En conséquence, la présence de l'armée de la confédération n'est plus souhaitée dans ce secteur, et je la somme de partir au plus vite, sans quoi nous serons dans l'obligation de lui déclarer la guerre.

Angus Mengsk, Terminé. »

La foule resta un moment abasourdie par l'annonce. Puis il y eut une explosion de joie. Jusqu'à présent sans leader digne de ce nom, Korhal avait trouvé en Angus Mengsk un véritable chef.

Marc rentra vite à sa caserne. Ex-marine confédéré, maintenant marine au service de Korhal, il savait que le gouvernement central ne tiendrait pas compte de ces menaces, ou plutôt, qu'il tenterait d'écraser l'insurrection dans l'oeuf. Mordego n'avait pas été resocialisé, il s'était engagé volontairement dans l'armée pour défendre se patrie, mais il n'avait fait que servir la fédération. Et grâce à Angus Mengsk, il pourrait maintenant remplir son véritable devoir. Peut importe le risque d'être considéré comme traître et d'être fusillé si tout échait, la liberté valait bien qu'on se sacrifie pour.

A l'intérieur de la caserne, tout le monde était sur le pied de guerre, les resocialisé gisaient mort sur le sol.

« Désolé caporal, mais dès qu'ils ont vu l'annonce du sénateur, ils ont tenté de nous tuer, on a pas eut le choix.

- Je m'en doute, vous avez bien fait. Mais on n'a pas le temps de traîner, les renforts ennemis vont arriver d'une minute à l'autre, tout le monde en armure de combat. Il reste encore des pilotes de Goliath ?

- Négatif, tous mort.

- Génial... Bon, vous les piloterez, vous avez eut la formation basique ?

- Oui, mais on sait pas se servir des missiles.

- Il suffit d'appuyer sur le bouton jaune du tableau de commande. Vous aurez les commandes pour un tir direct aux missiles, pour l'option tête chercheuse, c'est un poil plus compliqué, mais vous en aurez pas besoin. Et l'Arclite ?

- On a les pilotes, le plein est fait et les munitions sont chargées.

- Chef, vous pensez qu'ils vont attaquer le quartier des étudiants ?

- Ouep, d'un instant à l'autre. Reprogrammez les tourelles pour que les transports confédérés soient considérés comme ennemis.

- C'est en cours, mais leurs systèmes sont bien protégés.

- Continuez, on en aura besoin à long terme. Mettez moi en contact avec Mengsk, il doit être au bâtiment du gouvernement.

- Contact établit ! »

« Sénateur Angus Mengsk, ici le caporal Marc Mordego. Je viens vous annoncer que moi et mes hommes sommes à vos ordres.

- Merci, mais je ne suis plus sénateur. Combien êtes vous et quel est votre matériel ?

- Nous avons quatre Goliaths et un Arclite, en plus d'une douzaine de marines. Nous sommes à la caserne du quartier des étudiants.

- Je vois, c'est ici que leur première vague arrivera. On vient de m'informer que trois transports seront là dans cinq minutes, hâtez vous !

- Très bien, mais prévenez la foule que nous sommes avec elle.

- Plusieurs casernes se sont déjà jointes à nous, je préviendrais tout le monde. Au revoir.

- Au revoir monsieur.»

Marc resta un moment à réfléchir, trois transports n'était qu'une équipe légère. Ils atterriraient sans doute en dehors de la ville pour éviter les embuscades.

« Ok, je sais où on va se planquer les gars, les confédérés vont pas s'y attendre. »

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« Marine 219XMS87632, vous approchez du point de largage, préparez vous.

- Hé, les filles, vous avez entendus ? On va vite les calmer ces rebelles.

- OUAIS !

- Attention, arrivé au point de largage dans 5 secondes..... Largage. »

Les transporteurs confédérés numéros 5460, 5461 et 5462 se mirent en état stationnaire à quelques centimètres du sol. Les portes ventrales s'ouvrirent pour laisser passer douze marines et huit flammeurs. Il étaient à cinq cents mètres de la ville, et voyaient la foule qui semblait les attendre. Le marine 219XMS87632 mit son haut-parleur sur mode mégaphone.

« Ici les marines confédérés, nous déclarons la loi martiale. Veuillez rentrer chez vous ou nous devront ouvrir le feu »

La foule de bougea pas. Les marines tirèrent en l'air, arrachant des morceaux de béton aux bâtiments environnants.

« Premier et dernier avertissement, si vous persistez, nous ouvrirons le feu. »

Cette fois ci, la foule bougea. 219XMS87632 était trop loin pour voir la raison mais son esprit resocialisé attribua ça à son action. Cependant, lorsque la foule fut dispersée, il vit un Arclite pointer ses deux affûts de 80 mm droit sur eux. Au même moment, des portes des hangars à véhicules s'ouvrirent pour laisser passer quatre goliath.

« MERDE ! »

Les confédérés ouvrirent le feu sur les véhicules ennemis, mais à cette distance, ils ne pouvaient rien faire face à de tels mastodontes et bientôt ils furent déchiquetés par la riposte ennemie. Les transporteurs venus en renfort furent abattus par les missiles Hellfire tirs par les Goliaths.

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Passerelle du Léviathan

« Capitaine Silence ! Nous venons de recevoir un ordre de Tarsonis. Repli général de toutes les unités confédérées.

- Ils veulent désamorcer la crise. On s'en va, rappelez nos troupes, et prévenez les autres destroyers.

- A vos ordres ! »

Sur la planète, la joie était palpable. Pour la première fois, une planète venait de gagner son indépendance.

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Deux semaines après l'indépendance de Korhal

Ces deux dernières semaines n'avaient pas été de tout repos pour Angus Mengsk. Craignant toujours un retour de la confédération, il avait renforcé la puissance militaire de sa planète, des milliers de Korhaliens qui s'étaient engagés dans l'armée afin de défendre leur monde. Qu'ils puissent s'entraîner correctement, et ils feraient une force tout a fait respectable. Il avait également signé des pactes secrets avec divers groupes opposés à la confédération et s'était mis en relation avec le Protectorat Umojan, l'une des trois nations Terran. Umoja était l'un des trois premiers mondes que les transporteurs géants avaient atteint, et elle avait désormais une puissance militaire suffisante pour faire peur à la confédération, sans pour autant leur permettre de l'attaquer directement. Pourtant, Umoja soutenait et protégeait discrètement plusieurs groupes clandestins anti-confédération. Mengsk savait qu'il avait là un allié de poids, même s'il ne lui faisait pas complètement confiance.

De partout sur le territoire confédéré, des émeutes éclataient pour réclamer l'indépendance, elles étaient bien sûr réprimées dans le sang, mais cela ne faisait que renforcer la rancoeur que les Terrans avaient envers le gouvernement central. Il fallait juste espérer que la confédération ne puisse pas se relever de tels troubles.

Enfin, tout allait bien.... pour le moment. Sans avoir de raison précise, il avait un pressentiment. Il se sentait, lui et sa famille, en danger. Il alla immédiatement la voir dans l'aile adjacente à son bureau, et arriva juste à temps pour voir que trois personnes toutes vêtues de noir avaient tué sa femme et sa fille, encore toute jeune. Il avait entendu ces rumeurs sur les agents tueurs de la confédération, ces... Fantômes. Toutefois, il ne les avait pas prises au sérieux. Il avait eut tort.

« Sénateur, votre révolte s'arrête là. »

Ce fut les derniers mots qu'il entendit avant qu'une dague le décapite proprement.

Le lendemain, son corps fut trouvé allongé près de ceux de sa femme et de sa fille. La tête ne fut par contre jamais retrouvée.
...Chaud...

...Brûlant...

...Un incendie éclate...

L'alcool descend dans mon gosier en me brûlant la gorge, m'arrachant une larme au passage. L'homme qui me fait face me regarde les yeux exorbités, sa bouche ouverte exhalant une haleine surchargée d'éthanol que je ne suis de toute façon plus en mesure de sentir, mon corps étant lui aussi imbibé d'alcool à un point avancé. Au bout de trente secondes, il finit par se décider, attrape son verre dans sa main hésitante, et le vide d'un coup. Ses joues déjà rouges deviennent franchement écarlates, ses yeux papillonnent un moment, puis finissent par se révulser. Il tombe finalement sous la table, totalement inconscient.

Mon bras droit remonte de sous la table et s'élance pour tenter de ramasser l'argent déposé au milieu de la table, que j'ai durement gagné en remportant ce pari à la con. Abrutie par l'alcool et peu aidée par ma vision brouillée, ma main rate pitoyablement les crédisques disposés sur le meuble en plastique. A demie debout et déséquilibrée par mon élan, je m'étale lamentablement par terre...

...Et je m'esclaffe comme une demeurée...

Autour de moi, j'entends comme des bruits de raclements de chaises sur le sol, suivis de bruits de pas, puis d'empoignades, des cris et des injures. On est sûrement en train de se battre. Trop fatiguée pour essayer de voir la situation et me relever, et confortablement installée sur le plancher, je décide de m'endormir tranquillement, certaine que tout sera réglé à mon réveil...


-[Une bonne nuit plus tard]-


...Celui-ci se fait justement ressentir violemment par l'impression persistante qu'un marteau-piqueur a établi domicile dans mon crâne et qu'un type s'amuse à me décoller les cheveux. Réussissant après un effort insurmontable à ouvrir ma paupière gauche, je décide de la refermer aussitôt, ayant constaté à la luminosité ambiante que je devais probablement me trouver en plein jour.

« - Même ce crétin de soleil a décidé de m'emmerder.

- Ah ? Vous êtes réveillée Jézabel ? »

Cette simple question résonne dans mes oreilles comme un coup de tonnerre, faisant vibrer mes tympans jusqu'à leur point de rupture et me laminant les derniers neurones. Réunissant mes faibles ressources mentales restantes, j'essaye de mettre un nom sur cette voix qui ne m'est pas inconnue. Grimaçant sous l'effort, je finis par retrouver le nom que je recherche pour tenter ensuite de forcer mes mâchoires à articuler une phrase cohérente.

« - Où est ce que je me trouve Jeffrey ?

- Dans un canapé de l'astroport central de Korhal Jézabel. On a du vous transporter du bar jusqu'à ici pendant que Dalgon retenait la bande à Kanassee hier soir. »

J'essaye vainement de reconstruire la suite logique d'évènements passés qui m'a fait aboutir sur ce canapé miteux. Je me souviens avoir bu, endurant en ce moment même une cuite mémorable. A part ça, les dix dernières heures de mon existence semblent s'être déroulées sans la présence de ma mémoire.

« - Jeffrey ?

- Oui ?

- Rassurez-moi, je n'ai tué personne cette fois ?

- Oh non Jézabel, vous étiez inconsciente...

- Tant mieux, merci.

- ... Dalgon l'a fait à votre place.

- Quoi ?!

- Il a dessoudé trois hommes à Kanassee qui s'accrochaient à nos basques.

- Oh Seigneur miséricordieux ... Les cadavres ?

- Pas eu le temps de les planquer ... »

Où qu'on aille, le passé semble se répéter inlassablement ...

« - Va falloir qu'on lève les voiles en vitesse Jeffrey.

- Vous en faites pas, le sénateur Mengsk s'est fait assassiner hier soir pendant que vous concourriez avec Kanassee pour la plus belle gueule de bois. Du coup, c'est la panique dans la ville. Les flics ont mieux à faire que de s'occuper que de trois cadavres de gangsters.

- Bon. On va quand même partir, on a fini notre mission ici de toute façon. »

Je réussis sans trop de mal à me relever sur mon siège, mais la lumière trop agressive qui se diffuse à travers les verrières de l'astroport me force à garder les yeux fermés. Je me force à ignorer la douleur et à respirer calmement pour me relaxer. Un homme vient nous rejoindre en nous saluant. Je réponds machinalement en identifiant la voix grave et profonde de Dalgon.

« - Jézabel, y a des types qui se dirigent vers nous.

- Merd ... euh ... diantre ! »

Même si je m'efforce d'apprendre la politesse à mes collègues, j'ai parfois bien du mal à me discipliner moi-même. J'essaye péniblement de garder mes paupières ouvertes, et mes yeux parviennent finalement à accommoder. Je constate en effet la présence d'un groupe de gars louches en costume qui marchent à peu près dans notre direction en faisant semblant de pas nous voir. Mais même à moitié bourrée, mon sixième sens ne me trompe pas, ces gars là ont vraiment l'air patibulaire.

« - Euh, Jézabel ?

- Oui Jeffrey ?

- Vous regardez dans la mauvaise direction.

- Ah. »

Je détourne donc le regard du groupe qui n'a en fait visiblement rien à voir avec nous. Comme quoi, à moitié bourrée, l'erreur vient facilement même à la fille la plus perspicace de ce côté de la galaxie. Les quatre mecs qui se dirigent vers nous en regardant bien droit devant eux cachent mal leur passé de militaire. Et là, je ne me trompe pas. Tout dans leur démarche indique leur profession. C'est à peine s'ils marchent au pas ...

Je n'ai même pas besoin de le regarder pour savoir que Dalgon a discrètement armé son flingue derrière son dos. Le type qui les mène est plutôt fin pour un militaire, ce doit être un officier. Un Korhalien typique avec des cheveux bruns et courts, et des yeux marron, plus petit que la moyenne et assez séduisant. J'ai toujours aimé les hommes plus petits que moi.

« - Madame de Montmorency ? Enchanté de vous rencontrer, je suis Marc Mordego. J'ai entendu parler de vous par le service de ...

- Capitaine de Montmorency ...

- Euh, je vous demande pardon ?

- Je suis le Capitaine Jézabel Catherine Anne Marie de Montmorency, lieutenant Mordego. Respectez le protocole comme on vous l'a appris à l'Académie.

- Je ... euh, je suis simplement caporal. Comment avez-vous su que j'appartenais à l'armée ?

- Vous venez de me le confirmer caporal Mordego. »

Mal à l'aise, le caporal Mordego me regarde avec un air à la fois déstabilisé et furieux. Je suis prête à parier que c'est un des rebelles les plus actifs et qu'il cherche à fuir Khorhal au plus vite maintenant qu'Angus Mengsk a eu la mauvaise idée de mourir. La situation le dépasse mais il ne veut pas le montrer. Un idéaliste de plus, j'ai parfois du mal à croire que ce genre d'hommes puisse encore exister à notre époque. D'un autre côté, ce sont les plus faciles à manipuler ...

« - Bon caporal, que puis-je faire pour vous ?

- Euh, j'ai appris par le service d'information de l'astroport que vous étiez à votre compte et que vous disposiez d'un navire de fret rapide et capable de voyager sur de longues distances.

- On vous a bien renseigné.

- Mes hommes et moi-même aimerions louer vos services pour un transport sur une autre planète en toute discrétion et le plus tôt possible.

- Mais encore caporal ?

- Nous sommes 37 et nous voulons aller sur Umoja.

- Intéressant. Vous voulez fuir la Confédération ?

- Je, euh ... la raison de notre voyage ne regarde que nous.

- Comme vous voudrez. Je dispose d'une capacité de transport pour 50 personnes, le prix par tête est de 20 000 crédits.

- Vous êtes folle ou quoi ? C'est au moins dix fois le prix d'un transit normal !

- Tout à fait caporal, mais ceci n'est pas un transit normal. Il s'agit, comme vous me l'avez demandé, d'un voyage rapide, discret, pour un client visiblement pressé et désireux de fuir une planète en pleine révolution qui sera bientôt envahie par la Confédération, afin de rejoindre le Protectorat Umojan, et ce, alors que mon astronef est visiblement le seul prêt à répondre à votre demande, la plupart des autres vaisseaux marchands ayant fui Korhal. »

Le caporal me regarde un peu désappointé. Il n'avait visiblement pas prévu que cette rencontre se passerait ainsi, mais que voulez-vous, ce n'est pas parce que je suis une faible femme que je ne sais pas mener rondement mes affaires. La misogynie est un sentiment encore trop largement répandu dans le secteur Koprulu.

« - Bon, et quelles conditions de voyage nous proposez-vous ?

- Simple, vous voyagerez en cabines d'hibernation. Le voyage vous paraîtra ainsi instantané.

- Hein ? Je refuse de voyager dans ces caissons.

- A votre guise, je vous souhaite bonne chance dans vos recherches d'un autre capitaine.

- Bon écoutez, nous pourrions au moins convenir d'un rabais sur le tarif exorbitant que vous m'imposez. 5000 crédits par personne représentent quand même une jolie somme pour un voyage spatial, quel qu'il soit.

- 10 000.

- 7500.

- Topes-là caporal ! »


-[Trois heures plus tard]-


La migraine bourdonne encore entre mes temps, me posant maintes difficultés à rester concentrée sur le tableau d'affichage. Secouant la tête pour essayer de m'en débarrasser, je tape ensuite sur la console le code d'activation du caisson d'hibernation qui vient doucement se refermer pour plonger son occupant dans un profond cryo-sommeil.

« - Pourquoi sommes-nous obligés de faire tout le voyage dans ces boîtes Capitaine ?

- Pour trois raisons très simples monsieur Mordego : premièrement, je ne veux pas avoir de rampants dans mes pattes pendant le voyage. Deuxièmement, pour des raisons d'optimisation de la place et des performances, La Rosée Pourpre n'est pas équipé de générateurs de gravité interne. Et je doute fort que vos hommes aient la moindre expérience de l'apesanteur. Et dernièrement, mon bâtiment n'a tout simplement pas la capacité environnementale pour 37 personnes de plus. C'est clair ?

- Très clair Capitaine, j'espère juste que je n'aurai pas à le regretter.

- Je vous paierai un verre sur Umoja pour me faire pardonner ces mauvais traitements caporal. »

Je lui fais un clin d'oeil et un sourire complice tout en lui enjoignant de rentrer dans son caisson. Il s'exécute en me rendant mon sourire, puis je referme la cryo-cuve et enclenche son activation. C'était le dernier. Je repars vers la passerelle de pilotage pour rejoindre mon brillant équipage.

Je croise Constance, mon ingénieur systèmes, dans un couloir et nous nous adressons un rapide signe de la main pour nous saluer. Elle est visiblement pressée de rejoindre ses chères machines.

J'arrive au poste de pilotage. Je trouve Jeffrey, mon pilote, occupé à jouer aux holo-échecs avec Mach, l'astro-mécanicien. Ce dernier ne ressemble plus trop à un humain à cause de tous les implants mécaniques qui lui ont été greffés et reliés directement à son système nerveux. C'est le doyen de mon équipe : 74 balais, et toujours dans l'espace. Il a été victime d'un grave accident dans sa jeunesse, alors qu'il était un tout jeune astro. Gravement brûlé, la seule solution pour lui de retrouver les étoiles a été de se transformer en cette espèce d'armure médiévale complètement articulée. Ceci dit, avec ses membres adaptables, il fait du meilleur boulot que n'importe quel autre astro que j'aurais pu embaucher.

Dalgon est le membre atypique par excellence de l'équipage de La Rosée Pourpre. Il n'a aucune compétences dans l'aérospatiale. En revanche, il renifle les coups fourrés à trois lieues à la ronde, il a des contacts louches dans tous les coins du secteur Koprulu et il sait dégotter un matériel correct à bas prix. Bref, c'est l'homme à tout faire de l'équipe. Je le retrouve en train de piquer un petit roupillon pendant que les Jumeaux sont encore en train de se disputer sur on ne sait quel sujet.

François et Matthieu sont deux frères issus comme moi de l'ethnie française qui a immigré depuis la Terre. C'est peut-être ce qui m'a incité à les engager. Ils s'occupent des systèmes d'armement et de contrôle tactique. Ils bricolent également deux ou trois trucs à côté. Ce ne sont pas des génies dans leur domaine, mais le fait d'être deux et surtout d'être exactement sur la même longueur d'onde leur a déjà permis d'accomplir quelques prouesses.

« - Bon, tout le monde à vos postes, on va décoller les enfants. »

Jeffrey met immédiatement sa partie en pause et vient prendre position dans son siège, commandant l'allumage des réacteurs.

« - Cap sur Umoja Jézabel ?

- Hmm non, j'ai une meilleure idée. Les marines nous ont déjà versé une jolie somme, et il me semble qu'on pourrait l'augmenter en allant les livrer directement aux Confédérés sur Tarsonis.

- Idée intéressante. En route pour Tarsonis donc. »

Les tuyères de poussées verticales s'activent sous les doigts expérimentés de Jeffrey, permettant au lourd vaisseau de s'élever. Je lui laisse le soin de mener à bien l'ensemble de la manoeuvre pendant que le contrôle de vol nous donne les vecteurs à suivre pour quitter Korhal. Les pieds du vaisseau se rétractent sous mes yeux via les images transmises par les capteurs externes. Les massifs extensions mécaniques rentrent dans leurs logements avec un chuintement dû aux mécanismes hydrauliques, venant s'emboîter parfaitement dans la coque à côté du compartiment d'armement inférieur soigneusement camouflé par une cloison escamotable.

En voyant ce détail, je ne peux m'empêcher de sourire à l'idée que les marines ont cru embarquer à bord d'un bâtiment marchand indépendant. En un sens, ils n'ont pas eu tort, je suis bien marchand. Mais ce que je vends, c'est mon vaisseau, et plus particulièrement, ses capacités offensives. La lettre de course consignée dans mon coffre-fort m'identifie formellement, ainsi que mon équipage comme Corsaire du Protectorat Umojan. Ironie du sort.
Il y a onze ans, le Protectorat m'a permis d'acquérir mon propre vaisseau et m'a ainsi offert la liberté dont je rêvais. Pas une liberté parfaite puisque je suis ainsi obligée de remplir diverses missions sous le manteau en échange, mais c'est quand même le mieux que j'ai trouvé dans le secteur Koprulu. Et en plus, ça remplit pas mal le compte en banque...

« - Capitaine ! Un message urgent de l'ambassade d'Umoja ! »

La voix qui me tire de mes rêveries n'est autre que celle de François. Les ambassadeurs sont les relais que je rencontre le plus pour la transmission de mes ordres. Ils sont intouchables, insoupçonnables, et en cas de besoin, ils peuvent offrir l'asile.

« - Allez-y, transmettez sur ma console. »

Le message qui s'affiche ainsi devant moi est de ceux qui foutent ma journée en l'air parce qu'il vient interférer avec mes projets.


A Jézabel Catherine Anne Marie de Montmorency,
Capitaine de La Rosée Pourpre,
Corsaire du Protectorat

Par le contrat qui vous lie au Protectorat, il vous est donné ordre de prendre une part active à l'évacuation des opposants à la Confédération résidant sur Korhal. Veuillez rechercher dès réception du message d'éventuels volontaires à l'exil pour transfert sur Umoja. Veillez à la discrétion de cette opération, le Protectorat doit rester insoupçonné.
Que la chance soit avec vous Capitaine.

Colonel Langtry, Services secrets Umojan



Bon, je n'ai plus qu'à faire une croix sur mon bonus. Quant à la raison de cet ordre, elle me paraît évidente...

« - Jeffrey.

- Oui ?

- Changement de cap, direction Umoja, on rentre à la maison.

- Oh ?

- Les huiles du Protectorat veulent récupérer les marines pour les aider à monter un mouvement rebelle contre les Confeds. On aura sûrement d'autres transferts du genre à faire si ces derniers viennent pas reprendre Korhal trop rapidement. »

Le pilote accuse réception du message puis modifie la trajectoire de vol en conséquence. La Rosée Pourpre gagne en accélération pour initialiser son hypersaut. Je sens bientôt le flottement caractéristique du passage en hyperespace, une sorte de sensation de malaise rapidement estompée par la plongée dans cette non-dimension.

Dans l'espace de Korhal, mon vaisseau a du disparaître. Prochaine escale à Umoja ...
Les soldats en faction à l'intérieur du vaisseau se mirent au garde à vous et le sifflet à vent du bosco retentit lorsque le capitaine de la frégate Umojane Delnos entra dans le hangar.

- Permission de monter à bord capitaine ?

- Permission accordée, Kapitän.

Le capitaine de corvette s'écarta pour laisser passer son supérieur hiérarchique... et celui qui était le seul maître à bord après Dieu.

- L'équipage du Delnos est heureux de vous accueillir à nouveau à son bord Herr Modan. Si vous voulez bien me suivre.

Le capitaine de frégate Richard Modan suivit Hank Ravenstrass à travers les coursives du petit navire de guerre. A son passage, les hommes le saluèrent et il le leur rendit par un signe de tête. Ils arrivèrent sur le pont, ou seules trois personnes étaient présentes.

- Permettez moi de faire les présentations. Herr Rigane, Astrogateur et hypernavigateur du vaisseau, ses attributions contiennent également la propulsion.

L'intéressé se mit immédiatement au garde à vous. Robert Rigane était très jeune, même s'il n'avait pas lu son dossier, Richard aurait aisément deviné qu'il venait de sortir de l'académie. Son air gêné, ajouté à son salut rigide et académique, le criait à tous. Cependant, il avait obtenu de très bonnes notes et appréciations de ses examinateurs, s'il se détendait un peu plus, il ferait un navigateur parfait.

- Frau Wolstein, responsable du contrôle d'avarie et des communications.

Cette fois-ci, le salut fut plus détendu, encore qu'on y distinguait la promptitude de celle qui ne se sentait pas vraiment à sa place. Catherine Wolstein était plus petite que le reste de l'équipage de pont, pourtant, personne ne se sera moqué d'elle. Non pas tellement parce qu'ils étaient sympathiques - bien que ça entre en grande part dans leur raisons de ne pas le faire - mais parce qu'en cas de fausse manoeuvre, ils se seraient retrouvés par terre avant même de s'en rendre compte. Ceinture noire de Judo et de Karaté, ça ne laissait presque aucune chance à un humain normalement constitué.

- Herr Lucian s'occupe de la section détection et des vaisseaux embarqués.

Markus Lucian était le membre le plus vieux de l'équipage, et un magicien quand il s'agissait d'identifier un vaisseau. Normalement, une personne de son ancienneté aurait du être capitaine de vaisseau, mais son sens tactique était des plus limités et un bâtiment de guerre ne pouvait se permettre d'avoir un capitaine hermétique aux fondements même de la tactique. Aussi, il avait sans cesse monté de grade tout en restant à la même place, un vrai paradoxe. Il était lui parfaitement détendu, et avait déjà servit sur le Delnos, un vieux de la vieille qui serait bien utile pour aider les plus jeunes.

Richard Modan s'approcha du micro et le brancha sur le canal général pour s'adresser à l'équipage. Dans le vaisseau, tout le monde cessa son occupation actuelle pour écouter ce que leur capitaine avec à dire.

« Bonjour à vous. Certain d'entre vous me connaissent sans doute déjà, mais d'autres non, aussi, je vais me présenter. Je suis le capitaine de frégate Richard Modan, commandant du Delnos. J'ai été rappelé de la retraire pour servir dans une nouvelle flotte. Je ne connais ni la composition de cette flotte, ni ses buts, mais soyez assurés que je vous informerais dès que je le pourrais.
Comme je l'ai déjà dit, ce n'est pas la première fois que je commande ce vaisseau, mais c'est la première fois que je le commande complètement remis à neuf, et c'est un grand honneur pour moi d'être le premier à le diriger après sa quasi destruction. Je tâcherais d'éviter que cela ne se reproduise.

Reprenez vos activités, commandant Modan, Terminé. »

Le capitaine de corvette Ravenstrass se souvenait parfaitement de la dernière opération du Delnos. Lors d'une traque d'un pirate banal, ils étaient tombés sur un cuirassé confédéré. En temps normal, la confédération n'osait pas s'attaquer au protectorat Umojan, mais une frégate face à un cuirassé, la cible était trop tentante pour le capitaine du navire confédéré, et les morts ne parlaient pas. Les batteries lasers avaient presque désintégré le vaisseau et le capitaine avait été tué au cours de l'assaut. Ce n'est que deux jours plus tard que l'équipage fut récupéré par des transporteurs civils Umojans. L'affaire n'avait pas eut de suite, mais la guerre souterraine entre confédérés et miliciens Umojans s'était intensifiée.

- Messieurs, que diriez-vous d'un dîner ce soir à 8h ? Hank, vous pourrez prévenir le commandant des marines embarqués ?

- Bien Kapitän, je préviendrais Herr Mordego.

_______________


Marc Mordego, maintenant capitaine des marines dans la nouvelle flotte formée par le gouvernement Umojan, s'était rendu juste à l'heure au dîner du commandant. Il était de tradition que le capitaine d'un navire organise un dîner lors de sa prise de fonction afin de faire connaissance avec ses officiers de pont. Généralement, le plus haut gradé des marines était également invité, mais sur les vaisseaux importants, sur ceux comme les frégates - ou les corvettes - c'était bien plus rare.

Comme lui, de nombreux korhaliens avaient rejoint le protectorat Umojan pour combattre la confédération. Ils avaient goutés à la liberté, et la manière traître que Tarsonis avait employée pour tuer Angus Mengsk n'avait fait que renforcer la détermination des korhaliens. De plus, le protectorat avait soutenu Angus, et il était bien connu, encore que non officiel, qu'ils désiraient autant voir la confédération abattue que n'importe quel habitant de Korhal. Par conséquent, le protectorat avait constitué une destination de choix pour tous les rebelles qui avaient survécu à l'assassinat d'Angus Mengsk.
Il arriva juste à temps, mais après le reste de l'équipage, toutefois, il ne décela aucun reproche dans les regards des cinq personnes en face de lui. Il remarqua vite sa place : la seule vide, en bout de table, en face du commandant.

- Mister Mordego ! Ravi de vous rencontrer. Je vous en prie, prenez place.

Le capitaine parlait avec un fort accent anglais, mais semblait chaleureux et sincère alors qu'il accueillait Marc. Il présenta son équipage de pont, les désignant les uns après les autres.

- Voici Hank Ravenstrass, mon capitaine en second et mon officier tactique. Le jeunot que vous voyez ici est Robert Rigane, astrogateur, hypernavigateur et responsable de la gestion de la propulsion. Miss Wolstein s'occupe du contrôle d'avarie et des communications, mais j'espère que nous n'aurons pas besoin d'elle pour son premier emploi. And last, but not least, voici Markus Lucian, un de mes vieux amis et un magicien de la détection. Avec lui, j'espère que nous n'aurons que des bonnes surprises quand à ce que nous croiserons sur la route.
Messieur, et Madame bien entendu, je vous présente Marc Mordego, l'un des premiers Korhaliens à avoir suivit Angus Mengsk lors de sa révolte pacifique.

- Excusez capitaine, mais il me semble qu'il y a eut des combats lors de cette révolte, n'est pas monsieur Mordego ?

- C'est exact en effet, j'ai moi même participé à l'un des combats. Mais si nous nous sommes battus, c'est parce que la confédération voulait réprimer dans le sang les manifestations.

- C'est pas ce que j'ai vu sur les chaînes confeds.

- Voyons Catherine, vous n'allez pas croire la propagande de Tarsonis ? Ce serait indigne d'une personne telle que vous !

- Non monsieur, ce n'est...

- Très bien, c'est réglé alors ! Avant de commencer le repas, j'aimerais que nous portions un toast. J'ai eu connaissance du but de la nouvelle flotte que le protectorat assemble, et maintenant que nous sommes en quarantaine, je peux vos le révéler sans risque. Il apparaîtrait qu'Acturus Mengsk nous ait contacté, et qu'il veuille venger son père.

- Pourtant, cet homme n'était pas un prospecteur confédéré ?

- La mort de votre famille est une expérience qui peut changer un homme Robert, sachez-le bien ! Il ne serait pas étonnant qu'il arrive à faire de grandes choses. Il a une solide motivation.

- Pourtant, ce n'est pas un tacticien et il manque de matériel.

- Justement, le fait qu'il ne soit pas tacticien ne l'enfermera pas dans des schémas académiques, facilement contrôlables. Non, il sera imprévisible ! Quand au matériel Mesdames et Messieurs, c'est nous qui le lui fourniront. La nouvelle flotte sera sous ses ordres, et ensemble, nous ferons trembler la confédération !

A la chute de Tarsonis !

- A LA CHUTE DE TARSONIS !

Le toast fut reprit en coeur par les six personnes présentes dans la pièce, faisant vibrer le sol et les couverts posés sur la table. Après cela, le repas se passa sans aucun événement particulier, chacun imaginait les futures victoires de la nouvelle flotte, les plans de leur futur chef, et surtout, quel rôle ils y joueraient

A la fin du repas toutefois, les convives parlaient moins, l'esprit un peu embrumé par le vin et la langue alourdie par la nourriture. Malgré tout, Richard Modan fit signe à Marc Mordego de rester lorsque le reste de l'équipage de pont partit. Le commandant activa une commande, et le mur derrière lui devint complètement transparent, laissant voir un fond étoilé, mais aussi un rassemblement d'une trentaine de vaisseau. Le commandant semblait d'un coup avoir l'air bien plus grave qu'au début du repas, il semblait avoir vieilli en accéléré au cours de l'heure qui venait de passer.

- J'imagine que vous vous interrogez sur nos chances de réussites Marc, n'est-ce pas ?

- Pour être honnête, oui. La confédération dispose d'une flotte bien plus importante que celle que nous avons là, aussi bien numériquement qu'en tonnage moyen. La plupart des vaisseaux que je vois là sont des frégates, et elles ne peuvent pas tenir dans une bataille rangée.

- Vous parlez comme un membre de l'académie. Bien sûr que nous ne pourrons tenir les rigueurs d'une guerre classique, mais ce n'est pas une de ce genre que nous allons mener. En fait, le rapport des forces est même pire que vous ne le pensez probablement, regardez.


Sur la vitre d'afficha en surimpression un écran tactique. Il contenait l'effectif précis de la flotte, ainsi que les caractéristiques technique de chacun des vaisseaux.

- Nous avons vingt-cinq frégates et cinq cuirassés, et parmi ces derniers, seul l'Hypérion, le vaisseau amiral, dispose d'un canon Yamato. En moyenne, les vaisseaux confédérées sont plus puissants, et leurs ombres commencent à être équipées en série de dispositifs de camouflage, ce que les nôtres ne peuvent pas se vanter d'avoir.

- Comment comptez vous abattre la confédération si vous ne pouvez mener une bataille ?

- J'ai dit que nous étions en grande infériorité, mais nous avons aussi des avantages. Le principal étant que nos lignes de ravitaillement sont pour le moment inconnues et que même si ce n'était pas le cas, la confédération n'oserait pas les attaquer. Alors que chez eux, elles sont très peu protégées, et nous allons pouvoir les frapper sans craindre de voir un béhémoth nous tomber sur le coin de la figure. Vous verrez, notre première attaque ne devrait plus tarder. En attendant, aller vous reposer, vous aurez votre part du travail à faire.

_______________


Le gymnase de la frégate était petit, mais suffisait largement pour que la douzaine de marines stationnés à bord du Delnos puisse s'entraîner tous en même temps. Contrairement à ce qu'on pourrait croire, être un marine, ce n'était pas simplement subir une resocialisation forcée, mettre une armure de combat, et tirer dans le tas. Il y avait d'autres méthodes d'entraînement des marines, et le protectorat préférait avoir un corps d'armée plus réduit, mais plus performant, car elle ne pouvait rivaliser sur le nombre avec la confédération. L'entraînement n'était pas agréable, et nombreux étaient ceux qui abandonnaient avant qu'il n'arrive à terme. Marc se mettait à niveau en compagnie des autres marines. En effet, bien qu'il eut passé beaucoup de temps à s'entraîner seul sur Korhal, il n'avait pas subit un entraînement complet, et avait beaucoup de mal en combat régulier. Toutefois, il arrivait de plus en plus souvent à les battre.
A la fin de son combat quelqu'un applaudit. C'était Catherine Wolstein.

- Pas mal monsieur Mordego, pas mal... pour un ex-confédéré.

- Ca fait combien de temps que vous êtes ici ?

- Je suis arrivée il y a cinq minutes, j'ai besoin d'un peu d'exercice, et les officiers de la flotte ne valent rien pour ça.

- Hé, poupée, si tu veux de l'exercice, viens dans ma cabine quand ton quart sera terminé, on pourra sans doute s'arranger.

L'homme qui venait de parler ainsi était assis au fond de la salle. Son badge indiquait qu'il était le seconde classe Mathieu Diaster.

- Ce soir, je n'ai pas le temps, par contre, maintenant, je suis libre si tu veux.

Elle alla sur le tatami et enfila les protections d'entraînement. Comprenant que ce ne serait pas l'exercice auquel il pensait au départ, et qu'il ne pouvait plus reculer, Mathieu se dirigea vers elle - il avait déjà les protections - et se mit en position de combat.

Le combat fut rapide et à sens unique. En quelques secondes, le marine se retrouva au sol avec les deux doigts de son adversaire sur sa gorge. Il lui suffisait d'appuyer pour le tuer.

- J'vous, je ne m'attendais pas à ça. Vous avez gagné. Mais maintenant, je ne me retiendrais plus.

Ils se remirent en position, et cette fois ci, le combat fut plus équilibré. A la fin, Le marine réussit même à mettre au sol son adversaire, mais ses jambes furent fauchées, et cette fois ce fut le talon de Catherine qui manqua de le tuer.

- Je savais qu'un combat contre un marine serait intéressant.

Avant que Mathieu ne puisse répondre, le haut parleur s'alluma, et on put entendre la voix du capitaine de frégate Modan.

« A tout l'équipage du Delnos, la sortie de l'hyperespace est prévue pour dans trente minutes. Tout le monde à son poste de combat. »

_______________


- Commandant ! Sortie de l'hyperespace dans dix minutes.
- Merci.

« A tout le personnel, ici votre commandant. Rejoignez vos postes de combat, sortie de l'hyperespace dans moins de dix minutes. »

- Madame Wolstein, dépêchez vous de rejoindre votre poste.

- Désolée monsieur, j'étais...

- Ne vous excusez pas, mais j'espère que cela ne se reproduira plus.

- Sortie de l'hyperespace... Maintenant !

Les quatre frégates du groupe d'interventions sortirent brusquement de l'hyperespace. Le changement de dimension n'était jamais agréable, mais cette fois ci, il n'y eut pas de désagrément majeur, juste quelques nausées.

- Je ne détecte aucun résidu de propulsion, on est en avance sur le convoi.

- Bien, désactivez tout le bouclier et la propulsion, on va les attendre tranquillement.

Généralement, la ponctualité était une qualité appréciée, pourtant, cette unique fois-ci, il aurait mieux valu que cette qualité ne brille pas chez les confédérés. Le convoi arriva exactement à l'heure prévue, exactement comme il était prévu qu'il vienne. Quatre vaisseaux de classe baleine, des transporteurs géants, escortés par huit ombres : le convoi standard. La standardisation était dangereuse dans une organisation militaire, mais les confédérés étaient si sûrs d'eux....

Les frégates du groupe d'intervention n'émettaient aucune signature énergétique, rien qui ne puisse être perçu par des senseurs passifs.

- Monsieur, ils ne vont plus tarder à nous repérer.

- Bien, en position de combat, tirez une salve vers les ombres, mais essayer de juste détruire leurs moteurs.

_______________


- Leader C, on a quelque chose sur le radar.

- Je vois ça, restez sur vos gar...

- MERDE ! On est....

Le pilote ne put finir sa phrase. Un tir de barrage était souvent très mal dirigé, et celui-ci n'échappa pas à la règle. Les moteurs étaient visés, mais les tirs déchirèrent toute la surface des Ombres, et aucune ne survécut. Quelques tirs touchèrent également les transporteurs, mais leur coque plus épaisse leur permit d'éviter de sérieuses avaries.

« Transporteurs confédérés, veuillez immédiatement stopper vos machines et vous rendre. En cas de non obtempération, nous serons contraint d'ouvrir le feu. »

Ce n'était qu'une demie menace, mais elle était bien réelle. Chacune des frégates était équipée de deux batteries de laser ATA, puissance de feu infime face à un cuirassé, mais largement suffisante pour calmer les ardeurs d'un vaisseau civil. Pourtant, l'un d'entre eux, celui à la queue du convoi, tenta sa chance. Mal lui en prit. Il ne fut pas détruit, mais le Delnos lance ses quatre ombres à sa poursuite, et quelques tirs de semonce bien placés ramenèrent à la raison l'équipage.

« Maintenant, nous allons aborder vos vaisseaux, veuillez rester calmes durant l'opération. Vous serez ensuite embarqués dans vos engins de secours et relâchés. »

Une semaine plus tard, Salle de briefing de l'Hypérion, vaisseau amiral d'Acturus Mengsk.

L'Hypérion n'avait pas été aménagé comme un cuirassé ordinaire. En effet, alors que la plupart obéissant à des loi d'optimisation du volume disponible, ce vaisseau avait été conçu spécifiquement dans le but de servir de vaisseau amiral. En conséquence, les couloirs étaient plus larges, et les salles de briefing bien plus grandes que sur d'autres vaisseaux du même tonnage. Pourtant, en ce moment, elle était pleine, chaque capitaine de navire avait été invité à assister au bilan des actions menées par Acturus et ses alliés.

- Messieurs, je voudrais tout d'abords vous remercier d'êtres venus. Je sais que parfois, les opérations ne se sont pas aussi bien déroulées que prévues. Certains qui devaient participer à cette réunion ne l'ont pas pu, tués au combat par les confédérés. C'est très triste, mais nous ne devons pas pour autant nous arrêter, sans quoi leur sacrifice ne servirait à rien. Nous abattrons la confédération, tôt ou tard, nous y arriverons, et seulement alors, nous pourrons pleurer les morts.

Quelques instants de recueillement suivirent cette déclaration, puis Mengsk poursuivit.

- Mais déjà, nos efforts ont payés. Grâce à vous, nous avons pu capturer sept convois militaires confédérés. Ils transportaient du matériel et des armes en abondance. Nous avons également détruit plusieurs ombres. Ce n'est pas bien fabuleux, mais cela nous permettra d'améliorer grandement les performances de nos vaisseaux. Certains pirates ont mieux fait que nous, mais en beaucoup plus de temps. La coordination de nos frappes ainsi que leur organisation donnera à réfléchir à nos ennemis, et déjà, ils commencent à réagir. Dorénavant, deux cuirassés protégerons les convois, il sera donc inutile pour nous de tenter de les attaquer. Par contre, pour trouver tous ces vaisseaux, ils vont devoir dégarnir leurs avant-postes.

- Vous ne pensez quand même pas les attaquer de front ?

- Si, mais avec leurs propres vaisseaux. Monsieur Larence, je vous laisse la parole.

- Merci, tout d'abords....

La réunion continua dans le calme, et pendant l'exposé du militaire Umojan, personne ne parla.

Quelques jours plus tard

Un petit vaisseau de guerre, une frégate serait plus exact, fuyait à travers l'espace interstellaire. A intervalles réguliers, elle tirait derrière elle, essayant de détruire un mystérieur agresseur. Mais l'agresseur en question était bien trop gros pour être effrayé par de telles méthodes, le cuirassé béhémot poursuivait sans relache sa proie, et pour chaque tir qui l'atteignaient, cinq partaient. Tous ne touchaient pas leur cible, loin de là, mais leur puissance suffisait largement à compenser ce léger défaut.

- Capitaine ! Ils se rapprochent de nous !

- Boucliers ?

- Trente pourcents, mais chacun de leurs tirs nous le bouffe énormément, tandis que nos propres ripostes ne font presque rien !

- Zigzaguez pour gêner leur visée, tentez de détruire les batteries de laser.

- C'est inutile Kapitän, je ne peut même pas traverser leurs boucliers.

- Timonier, combien de temps avant le point C ?

- Douze minutes zéro... quinze !

Une secousse se fit ressentir à travers le vaisseau, immédiatement, la console d'avarie de Catherine Wolstein se mit à hurler tandis que les rapports d'avaries arrivaient. D'une voix blanche, mais au volume parfaitement contrôlé, celle-ci énuméra les avaries.

- Tourelle supérieurs détruite, les boucliers sont HS, DCA trois et quatre pulvérisées. Pour ces quatre endroits, il n'y a aucun survivant. Les moteurs sont endommagés et ont perdu soixante pourcent de leur puissance.

- Monsieur, ils nous rattrapent. Nouvelle estimation avant ralliement du point C.... vingt minutes et vingt cinq secondes !

- Roulez ! Présentez leurs notre ventre et continuez à tirer ! Sont-ils à portée d'arme anti-chasseur ?

- Négatif, ils entreront à portée dans... trois minutes quarante secondes !

- Envoyez les ombres prévenir les cuirassés qu'on va avoir besoin d'aide, Catherine, envoyez les rapports d'avarie et nos vecteurs actuels sur les ordinateurs des ombres.

- Comprit, c'est en cours.

Une seconde secousse, mais cette fois, les tirs frappèrent un compartiment vide. Les ombres partirent et passèrent en hyperespace sans encombre, laissant la frégate seule face au cuirassé confédéré. Quelques minutes de plus passèrent, jusqu'à un fatidique et inévitable :

- Moteurs détruit, nous avançons en balistique.

- Monsieur, ils nous tractent, ils vont nous aborder.

- Très bien.

Il ouvrit le canal de com avec des Marines.

- Monsieur Mordego, préparez vous à défendre le vaisseau. Monsieur Ravenstrass, soyez prêt à formater tous nos ordinateurs.

Après avoir entendu l'accusé de reception, le regard calme de Richard Modan se posa sur l'équipage de pont.

- Je suis fier de vous, mais apparemment, l'ennemi était plus fort aujourd'hui.

Tout le monde savait ce qui les attendait maintenant. La prison, la resocialisation ou l'exécution. Il n'y avait pas d'autre choix.

- Capitaine ! Nouvelle sortie hyper ! Quatre béhémoths, deux devant nous et deux autres derrière le Poing d'Acier ! Ce sont les nôtres !

- Mettez moi en communication directe avec le Poing d'Acier.

« Ici le capitaine de frégate Richard Modan au cuirassé béhémoth Poing d'Acier. Veillez abaisser vos bouclier et couper vos systèmes d'armement et vos moteurs. Vous êtes désormais nos prisonniers. »
Cuirassé Béhémot Léviathan, en patrouille à la frontière de la confédération.

Noir.....

Brûlant......

Le capitaine Silence regarde le contenu de sa tasse, censé être du café. Puis prenant son courage à deux mains, l'officier avale le goudron liquide en contenant avec peine une grimace de douleur. Il repose lentement la tasse sur le bureau devant lui.

Ah il est loin le temps de l'académie et de son café qui méritait encore ce nom. Mais ici, sur les vaisseaux en patrouille, la seule boisson à la caféine qu'il est possible d'obtenir est cet horrible café de catégorie C. La plus grande puissance du secteur et même pas capable de faire du bon café !

Avec un soupir, le capitaine de vaisseau John Silence observe son reflet dans une petite glace posée sur son bureau. Ses yeux marrons reflètent une fatigue intense tandis qu'une barbe de trois jours ornent ses joues.

En effet, depuis bientôt un mois qu'ils pourchassent les mystérieux pirates qui ont tant fait parler d'eux, par l'attaque de convois et par la perte non expliquée de 5 béhémots par la confédération, les fausses alertes ont été si fréquentes que le capitaine commence a accuser le coup.

Soudain, l'intercom de sa chambre sonna.

« Ici Silence.

- Commandant, nous recevons une transmission en provenance du système de Bountiful. Elle est émise en claire mais bourrée de parasites.

- Bien j'arrive. »

Silence ajusta quelque peu les plis de son uniforme noir. Ce dernier est constitué d'une veste et d'un pantalon en tissus permettant une certaine liberté de mouvement.

Sur le coté de l'épaule gauche, un écusson représente le drapeau confédéré, tandis qu'un autre écusson sur le coté de l'épaule droite est ornée du symbole de son escadron : Un oméga rouge sur fond noir, tout comme l'uniforme.

Sur les épaules, brillent deux aigles aux ailes déployées, symbole de son grade. Sur la poitrine, son nom est indiqué, juste au dessus du symbole de son vaisseau : un destroyer béhémot prit dans l'étreinte d'un immense serpent des mers : un Léviathan.

Les chaussures de Silence heurtent les coursives du vaisseau avec un léger bruit métallique tandis qu'il se dirige d'un pas assurée vers la passerelle, le café faisant un peu d'effet.

« Commandant à la passerelle. »

Silence salut l'enseigne qui vient de notifier son arrivée et se tourne vers son second, le lieutenant de vaisseau Kynes, un des seul non resocialiser du bord. Ce dernier lui fit alors un résumé rapide.

« Commandant, il y a 10 minute, nous avons reçu un message émis sur toutes les fréquences confédérées. Il est brouillé et nous n'avons pu en tirer que quelques mots clairs. L'enseigne Campbell essaye en ce moment d'améliorer le signal par informatique.

- Qu'avez vous pu tirer de la communication de base ?

- Seulement ces trois mots :

..........Bountiful................cuirassés..........confédération.......

- Enseigne Campbell, avez vous réussit a tirer quelque chose de ce message ?

- Non commandant. Mais je pense que dans une heure ou deux je pourrais.....

- Vous avez 30 minutes enseigne !

- Mais commandant...

- C'est un ordre !

- A vos ordre monsieur. »

Le commandant se détourna de l'enseigne, le visage sévère, avant de se diriger vers la porte.

« Je veux être prévenu au moment même ou vous aurez décrypté ce message.

- A vos ordre commandant. »

Silence se dirigea d'un pas martial vers ses quartiers tout en ruminant de bien sombres pensées. Qu'est ce que ce message pouvait bien signifier ? Etait-ce un appel à l'aide ?

Arrivé dans ses quartiers, il alluma son ordinateur personnel et fit s'afficher les informations dont disposait la confédération sur le système de Bountiful.

30 minutes plus tard

« LE COMMANDANT EST DEMANDE SUR LA PASSERELLE ! LE COMMANDANT EST DEMANDE SUR LA PASSERELLE ! »

Silence se releva précipitamment de son siège et rejoignit la passerelle en pressant le pas. En chemin, il sentit le vaisseau commencer à vibrer, signe précurseur de l'accélération avant le passage dans le subespace.

« Commandant sur le pont. »

- « Second, que se passe-t-il ?

- Commandant, l'enseigne Campbell a décrypté le message et le voilà :

Ici la Base militaire confédéré de Bountiful, nous sommes attaqués par des cuirassés pirates présentant l'IFF des cuirassés confédérés. Prévenez immédiatement la confédération. Je répète pr.......

- Nom de dieu.

- J'ai ordonné de partir immédiatement pour Bountiful monsieur, après avoir transmis immédiatement le message a l'amirauté en lui exposant mes intentions.

- Vous avez bien fait second. Faites appelez au poste de combat.

- A vos ordre commandant. »

« Ici la passerelle, à tous l'équipage, tous le monde aux poste de combat, tous le monde au poste de combat. »

Dans tous le vaisseau, l'éclairage passa du blanc éclatant au rouge sanglant, tandis qu'au sol, les grandes flèches indiquant les directions des couloirs lors des alertes s'allument et que les premières armures de combat font leur apparition.

Sur la passerelle, l'ensemble des techniciens ont revêtus leurs armures de combat tandis que Silence finit de fermer les loquets de la sienne.

« Arrivée en orbite autour de Bountiful dans 5 minutes monsieur. »

« A tous l'équipage, ici le commandant. Nous allons émerger dans l'espace réel en orbite de la planète Bountiful dont nous avons reçu un SOS de la part d'une base confédéré il y a maintenant une heure. Nous avons pour devoir de repousser les assaillants, si tant est qu'il en reste. Merci. »

Soudain, le vaisseau décéléra brutalement et les étoiles réapparurent de l'autre coté de la baie de la passerelle. Immédiatement, le Léviathan scanna les environs.

« Officier de détection, au rapport !

- Nous ne détectons rien a proximité immédiate commandant.

- Elargissez la zone de recherche.

- Nous ne détectons r... attendez monsieur, nombreux débris en orbite de la seconde planète du système.

- Nom de dieu, pouvez vous identifier la nature de ces débris ?

- Non monsieur, ils sont trop loin et nous risquons de les percuter si nous nous rapprochons trop prêt.

- Second, faite appeler les pilotes d'ombre en salle de briefing immédiatement. Quand a vous continuez de scanner le système et contacter les autorités locales pour savoir ce qu'il s'est passé.

- A vos ordre commandant ! Les pilotes de l'escadron Death Knight sont demandés dans la salle de briefing immédiatement ! »

Le capitaine quitta la passerelle dans le semi vacarme résultant de ses ordres.

« Ici le cuirassé confédéré Léviathan de l'escadron oméga, au responsable colonial de Bountiful...

-Monsieur nous ne détectons rien d'autre... »

Engoncé dans son armure de combat, Silence se dirige vers la salle de briefing de l'escadron d'ombre du bord. A son entrée, les 10 pilotes présent se mettent immédiatement au garde a vous. Tous sont des neurosocialisés, ce qui explique leur application quasi maniaque a massacrer leurs ennemis d'où le nom de leur escadron.

« Repos messieurs ! Votre mission est assez simple. Nous avons reçu comme vous le savez un SOS de la part d'une base militaire confédérée. Nous sommes arrivée dans le système d'ou provenait le message mais nous n'avons trouvé qu'un nuage de débris en orbite autour d'une planète inhabitée du système. Ils serait trop dangereux pour nous de nous aventurer trop prêt de ce champs de débris, ce qui en empêche l'identification. Votre escadron est donc charger d'identifier ces débris. Des questions ?

- Non monsieur !

- Bien, alors a vos appareils.

- A vos ordre monsieur ! »

Les 10 hommes sortirent de la salle au pas de course, comme de parfaits petits soldats. Silence les regarda sortir pensif, avant de retourner a la passerelle.

« Commandant sur le pont

- Alors second, où en sommes nous avec les autorités coloniales ?

- Ils prétendent n'être au courant de rien commandant. Ils ont également capté un message fractionné mais n'ont pas réussit a le décrypter. Ce n'est qu'une pauvre colonie agricole et religieuse. Leur matériel de communication est rudimentaire. Ils devaient même ignorer la présence d'une base confédérée par ici.

- Bien.

- Commandant, les ombres sont sorties !

- Branchez nous sur leur canal de communication !

- A vos ordres. »

Quelques secondes se passèrent puis les voies des pilotes résonnèrent sur la passerelle.

« Death leader, à l'escadron. Bon les filles on se rapproche doucement de ce nuage de métal.

- A vos ordres leader.

- Bon les enfants formation par deux ! Death 2 avec moi !

- Roger leader. »

Sur l'écran radar du béhémot, les 10 spots représentant les chasseurs filent en formation de deux vers l'immense masse métallique.

« Death leader, ici Death 9, je viens de passer à proximité d'un gros morceau de parois et il me semble avoir aperçu le drapeaux confédéré dessus.

- Pouvez vous confirmer Death 9 ?

- Je n'en suis pas sur leader.

- Alors continuons. Out. »

Plusieurs minutes passèrent, uniquement ponctuée de remarque idiotes de l'un ou l'autre des pilotes, immédiatement ramenés a l'ordre par le leader de la formation. Et oui même les neurosocialisés ont de l'humour.

« Death leader, ici death5. Je confirme, c'était une station spatiale de chez nous. Je viens de passer devant une immense plaque de métal ornée du drapeau confédéré et du nom de la station.

- Quel était ce nom Death 9 ?

- New Hope monsieur. »

Silence fit un geste a son second, qui immédiatement vérifia les informations dont dispose leur vaisseaux sur les bases confédérées du système.

« Voilà les informations commandant. »

Silence lut les données, étonnée par l'expression de dégoût qu'avait prit son second. La même expression se lut sur son visage lorsqu'il découvrit le rôle de la station. Il s'agissait d'une station d'enrôlement dans les forces armées confédéré. Entre autres termes, ils enlevaient des jeunes gens avant de les neurosocialiser et de les envoyer dans les corps en manque d'effectif.

- « Bien. Death Leader, ici Snake home. Retournez à la maison, votre mission est accomplie.

- Roger Snake Home, nous rentrons. Out. »

Alors que les 10 ombres font demi tour, Silence se tourne vers l'enseigne Campbell, jeune homme de 25 ans, cheveux blond et yeux marron sur un visage fatigué.

« - Envoyez ce que nous avons découvert à l'amirauté enseigne. Demandez leur des instructions sur notre future destination.

- A vos ordres monsieur !

- Ah, et après cela rendez votre quart enseigne, vous avez bien travaillé. Vous pourrez allez vous reposer. Vous avez tous bien travaillés. Nous sommes juste arrivés trop tard pour sauver cette station. Faites rompre le branle bas de combat second, je serais dans mes quartiers, et vous devriez y aller aussi, le lieutenant O'Connell prendra le quart sur la passerelle.

- A vos ordre commandant. »

Sur ces mots, le capitaine Silence sortit de la passerelle, suivit de son second alors que :

« Ici le lieutenant O'Connell, je prend le quart a la passerelle. »

« Sale affaire commandant hein ?

- En effet Kynes, en effet. Qui sait quelles en seront les répercussions en Haut Lieu, mais des têtes vont tomber, et je sens que les nôtres sont en tête de liste. »

_______________


Tarsonis, monde capitale confédéré, quartier du néo-bronx

Loin des hautes tours de verre et d'acier du centre de la mégalopole planétaire, se trouves des quartiers plus insalubres, plus mal famés. Le quartier du néo-Bronx se trouve en bordure d'un des nombreux astroport de la planète. Y vivent des dockers, des prostituées des employés administratifs et bien d'autres personnes encore.

A l'intérieur d'un des bars du quartier, le capitaine silence, méconnaissable dans ses vêtements civils totalement fripés et délavés, boit verres sur verre tout en tirant nerveusement sur une cigarette. Devant lui, le cendrier est déjà plein de mégots fumants tandis que plusieurs verres vides s'alignent devant lui.
Sur le mur, devant lui, un écran plat est branché sur la chaîne d'information de la confédération sur laquelle un journaliste relate « la perte accidentelle de la station New Hope suite à un accident de prompt criticité du réacteur. »

« Vraiment minable comme excuse. Tavernier du diable, un autre verre !

- Voilà John, un whisky double encore ?

- Ce que tu fais passer pour du whisky ouais. Vraiment insipide cet alcool, je me demande ou tu l'as acheté.

- Je l'ai eu gratis, des dockers qui se sont battus et ont oubliés leur chargement devant mon établissement.

- Et bah tu t'es fait avoir, même le café que je bois sur ce foutu vaisseau est meilleur.

- Vois le bon coté des choses John, comme ça tu seras heureux de retrouver ta petite vie pépère de pilote de vaisseau commercial.

- Ouais,......ouais. »

Silence reporta son attention sur le journaliste qui maintenant, chantait les louanges d'une planète perdu dans la bordure du secteur. Jean Tavernier, le patron du « au rendez vous des marins » ne connaissait pas sa véritable profession. Cela valait d'ailleurs mieux, les militaires confédérés ne sont pas appréciés dans cette partie de la ville. Et c'est d'ailleurs pour cela qu'il vient ici chaque fois qu'il relâche à Tarsonis, c'est pour cela qu'il est venu ici ce soir. Oui car demain, il allait probablement être renvoyé de l'armée avec pertes et fracas, et ce, juste pour trouver un bouc émissaire pour la perte de la station.

Le lendemain, Devant le bâtiment de l'amirauté.

Le capitaine Silence sort du véhicule de la flotte venu le chercher au spatioport. Sa tête résonne encore des verres de la veille tandis qu'il observe le bâtiment ou il n'a pénétré que de rares fois dans sa vie.

Portant la main à sa casquette, noire lisérée d'argent, en passant devant les gardes de l'entrée, Silence pénètre dans l'immense tour. Il énonce ensuite son nom à un secrétaire militaire qui lui indique l'étage où il doit se rendre, ainsi que le lieu où il devra attendre au dit étage.

Le capitaine monte alors dans un des nombreux turbos ascenseur et s'observe dans la glace présente dans la cabine, tout en se rappelant les termes de sa convocation. :

« Le capitaine de vaisseau John Silence est prié de se rendre au haut commandement de l'escadron Oméga, dans le quartier général de la Flotte, le lundi 25 avril 2570. Le port du grand uniforme est obligatoire ! »

Sa silhouette mince est revêtu d'un veste d'uniforme noir aboutons dorés. Deux aigles d'or brillent sur ses épaulettes, son insigne de commandant surplombant plusieurs médailles gagnées lors de la guerre des guildes. Un pantalon noir amidonné, des chaussures noires de villes et un sabre à la garde d'or accrochée à une ceinture noire et rouge finit l'ensemble.

Les portes du turbo ascenseur s'ouvrent alors et Silence s'avance dans un corridor pourvu de gardes neurosocialisés, portant l'uniforme noir de l'escadron oméga, à intervalle de 5 mètres.

Il arrive enfin dans une sorte de salle d'attente, ou deux immenses portes gardées par deux marines en armes forment l'unique porte de sortie.

Apres plus d'une heure d'attente durant laquelle la chemise que le capitaine porte sous sa veste eut le temps de passer du stade sec au stade : « séjour dans une rivière »

« Le capitaine Silence est autorisé a entrer . »

La voix retentit soudainement dans la salle, tirant Silence de ses rêveries. La porte s'ouvrit toute seule, les marines la gardant le regardant passé sans qu'aucune émotion ne se lise sur leur visage.

Silence entra dans une grande salle sombre. Au fond de celle ci un long bureau en arc de cercle ou se trouvent assis plusieurs personnes en uniforme.

« Capitaine de vaisseaux John Silence, commandant du cuirassé Béhémot Léviathan, escadron Oméga au rapport mes amiraux !

- Capitaine Silence. Vous êtes né le 31 juillet 2545 à Tarsonis. Vous êtes entré au lycée militaire à 15 ans et aux cadets de la flotte à 18 ans. Vous avez finit vos classe a l'ages de 25 ans ou vous avez embarqué sur le croiseurs Washington. Vous avez participé à la guerre des guildes ou vous avez gagné vos galons de capitaine. Est-ce exact ?

- Oui mon amiral !

- Bien, repos capitaine Silence. Contrairement a ce que vous pouvez penser, vous n'allez pas recevoir de punition pour votre échec a sauver la station New Hope, mais ce, uniquement si vous réalisez une mission vitale pour l'avenir de la confédération.

- Quelle est cette mission mon amiral ?

- Comme vous devez le savoir, plusieurs de nos convois ont été attaqués et pillés tandis que cinq de nos cuirassés de classe Béhémots ont disparus.

- En effet, j'avais pour mission de patrouiller à la bordure des territoires que nous contrôlons pour débusquer les pirates.

- La destruction de la station a bien montré que ces actes étaient l'oeuvre d'une même organisation, dont nous ignorons tout, sauf peut être l'identité présumée de leur chef. »

A ces mots, une projection holographique afficha une fiche d'identité. Celle d'un homme portant une barbe noire, d'approximativement une trentaine d'année.

« Cet homme est un de nos anciens prospecteurs, un des plus brillants. Il a subitement disparu peu après la fin de la révolte sur Korhal.

- Et quel est le rapport entre les deux évènements monsieur ?

- Le nom de cet homme est Arcturus Mengsk, il est le fils de Angus Mengsk.

- Vous êtes sur monsieur ?

- On ne peut plus sur capitaine.

- Et vous pensez qu'il est lié à ces actes de piraterie ? Mais pourquoi ? Par vengeance ?

- C'est fort probable. Arcturus a toujours été un de nos meilleurs prospecteurs, sans principes d'aucune sorte si ce n'est l'appât du gain. Mais même un homme comme lui peut vouloir se venger de la mort de sa famille. Il a du rallier les fidèles de son père qui ont réussit a fuir Korhal avant notre reconquête de la planète.

- Mais où a-t-il pu se procurer les vaisseaux nécessaires pour ses opérations.

- Là n'est pas la question capitaine. La véritable question est comment frapper ces hommes la où cela fait mal, très mal. Il faut leur occuper toute envie de nous défier ! Nous allons donc faire un exemple.

- Que voulez vous dire monsieur ?

- Votre vaisseau a été réarmé durant votre absence. Vous allez partir avec lui et trois autres vaisseaux de l'escadron vers Korhal.

- Et nous établirons une occupation sévère de la planète ?

- Non. La cargaison de votre vaisseau vous renseignera suffisamment sur la nature de votre mission. Mais sachez que la sécurité de la confédération entière dépendra de vous, et accessoirement votre propre carrière. Accomplissez votre mission et vous pourrez demander ce que vous voudrez et la confédération sera sauve, renoncez ou échouez, et vous finirez vos jours comme ouvrier d'extérieur sur Braxis. Et je ne parle même pas de votre équipage et de leurs familles, pour ceux qui en ont....

- A vos ordre monsieur, quelque soit ma mission, je l'effectuerais !

- Bien capitaine, vous pouvez disposer. »

Orbite de Tarsonis, cuirassé Béhémot Léviathan

« Commandant sur le pont »

- « Second, je veux le manifeste de cargaison et programmez un trajet vers Korhal immédiatement.

- A vos ordre monsieur, mais je peux vous répondre pour la cargaison, mais pas ici. »

Silence se retourna étonné vers son second. Kynes semblait tendu, voire même effrayé.
Soudain l'enseigne Campbell interpella son commandant.

« Commandant, l'Hiroshima, le Nagasaki et l'Apocalypse demandent quand nous serons prêts à partir. »

Silence s'arrêta brusquement, tandis que le visage de son second passe de pâle à livide. Les trois vaisseaux dont le jeune enseigne vient de prononcer les noms sont connus dans toute la flotte. Leur équipage entier est constitué de neurosocialisers et ils ont réalisés tellement de missions de nettoyage au cours de la Guerre des Guildes que Dieu seul en connaît le nombre. Ce sont les vaisseaux des missions sales, ou la morale n'a pas sa place.

Arrivés dans ses quartiers, Silence se retourna vers son second.

« Alors Kynes, en quoi consiste cette cargaison ?

- Monsieur.....ils ont embarqués 50 missiles nucléaires de classe Apocalypse ! »

Silence resta sans voie durant quelques secondes. Les implication de ce que venait de lui révéler son second, associer aux vaisseaux l'accompagnant et à l'air mystérieux de l'amiral venaient de lui apparaître dans toute leur ignoble et horrible splendeur.

« Commandant...que fait-on ?

- Nous allons suivre les ordres second, et espérer qu'il ne s'agisse que d'un gigantesque coup de bluff. Rompez Kynes, retournez sur la passerelle. Vous appellerez au poste de combat quand nous émergerons du subespace et je joindrais nos trois amis.

- A vos ordres commandant. »

_______________


Quelques heures plus tard, orbite de la planète Korhal.

Silence se tient sur la passerelle de son vaisseau et contemple la planète devant lui. Sa main serre convulsivement la rambarde devant lui. Son vaisseau se situe pile au dessus de la mégalopole planétaire. Les trois autres se trouvant aux trois autres extrémités cardinales de la planète. Les positions de ces vaisseaux lui avaient été envoyé par l'amirauté à l'arrivée en orbite, tout en lui laissant le choix de sa position à lui.

« Les ordres sont clairs......Je dois le faire....pour la confédération.....je dois le faire. J'aurais du prendre un des secteur avec une concentration quasi nulle. Non ! Cela aurait été me voilée la face. Ce sera à moi de donner l'ordre, je serais tout aussi responsable. Non je dois assumer pleinement.

- Commandant, les autres vaisseaux nous font savoir qu'ils sont en position. »

Silence regarda son second. Ce dernier est tout aussi tendu que lui et son regard est fixé sur la planète devant lui. Mais a l'annonce de l'enseigne Campbell, il regarde fixement son commandant, attendant qu'il donne l'ordre, mais avec du dégoût dans les yeux, un dégoût que Silence sent au fond de lui également, un dégoût mêlé d'horreur.

« Dite leur de procéder aux tirs dans.....h-30 secondes. Préparez vous également a faire feu dans...h-25 secondes. »

Les secondes commencèrent a défiler lentement. Silence regarde toujours aussi fixement la planète devant lui, ne voulant pas croire l'ordre qu'il vient de donner.

« h-1 secondes.

- Feu ! »

Cet ordre, le commandant l'a donné d'une voie blanche. Et soudain cinq longues traînées lumineuses apparaissent dans son champs de visions, se dirigeant vers la planète, suivie de cinq autres et encore cinq autres...

Silence sait que les trois autres vaisseaux ont aussi tiré, et que les missiles filent vers des cibles précise pour optimiser l'effet des explosions, pour transformer Korhal en un désert de verre radioactif. Le nombre de missiles sur son radar augmente encore, des voix paniqués commencent à se faire entendre sur les canaux de communication.

Silence fixe toujours la planète devant lui

Les premiers missiles explosent alors, de gigantesques explosions se produisent a la surface du globe. Les champignons atomiques apparaissent de plus en plus nombreux, de plus en plus grand.

L'ensemble de la planète n'est plus qu'un champ d'explosion et les missiles tombent encore.

Silence garde les yeux rivés sur le spectacle, qu'il ne peut s'empêcher d'admirer. La destruction totale dans toute sa splendeur.
Puis il prononce trois mots, seulement trois mots :

« Alea Jacta Est*. »



*le sort en est jeté
... Projeté avec force, le projectile fonce à toute vitesse vers sa cible ...

... Le bruit de la collision retentit avec fracas, puis la cible est envoyée en l'air ...

... Elle retombe sur le plancher avec un bruit mat puis va rebondir plus loin ...

« - J'y suis peut-être allé un peu fort non ? »

Les joueurs regardent la boule de bowling s'éloigner pour la énième fois depuis le début de la partie, puis affrontent le regard furieux du barman qui doit commencer à se demander si le parquet finira indemne ou non. Soigneusement cachée derrière mon verre de whisky (ou de ce qui passe pour tel), j'esquisse un léger sourire. A côté de moi, Dalgon semble profondément plongé dans la contemplation de son verre. Une soirée de merde comme les autres ...

C'est plus fort que moi, dès que je me retrouve plusieurs jours d'affilée sur une planète, je déprime.

Tout juste revenue d'une course pour le Protectorat, il a fallu qu'un échangeur thermique fasse des siennes. Du coup, impossible de redécoller sans que la température de la cabine de pilotage atteigne les 90 degrés Celsius. Très peu pour moi, merci.

Heureusement, le Protectorat paye de sa poche toutes les réparations. Ce qui fait que les choses n'allait pas si mal, surtout que la panne était mineure. Mais voilà, on est venu m'annoncer il y a deux heures que le Colonel Langtry voulait me voir ce soir avant que je reparte. Croyez-le ou pas, mais mon infaillible intuition féminine m'a aussitôt fait déduire que si visite en personne il devait y avoir, pour une mission importante ce serait. Et du coup, dans grosse merde être je vais, comme dirait une abominable peluche verte issue d'un très ancien film terrien.

Me voilà donc à ruminer mes pensées en regardant ces stupides joueurs de billard qui ne savent pas s'y prendre pour manier une queue. N'y voyez rien de tendancieux bande pervers, j'appelle juste un chat, un chat.

« - Salut Jézabel ! Ca va comme vous voulez ? »

Me tournant vers la droite, je constate que Dalgon n'a pas bougé d'un pouce, et qu'il est probablement bien parti pour rester dans la même position un bon bout de temps. Ayant donc éliminé la première possibilité, je me retourne vers la gauche. Le visage qui s'offre à moi m'est vaguement familier. Assez attrayant en plus.

« - Salut euh ... ça va pour moi, et vous ? »

Nom de nom, impossible de remettre un nom sur ce visage. Allez Jézabel ma vieille, fais un effort.

« - Dites, je ne devrais peut-être pas poser cette question, mais que faites-vous dans un bar militaire ?

- Ouais je sais, je fais pas vraiment partie de l'armée, mais bon, en tant que Corsaire du Protectorat, on a quand même accès aux installations de la base. D'autant plus qu'à cause de tous ces allers-retours jusqu'à Korhal ordonnés par le gratin, j'ai cassé un de mes échangeurs thermiques.

- Quoi ? »

L'exclamation de surprise du type me met la puce à l'oreille : j'ai encore trop ouvert ma grande g*****. Le mec semble réfléchir deux ou trois secondes, puis un visage en colère me fait désormais face. Et ce n'est que maintenant que je le reconnais...

Mais quelle c**** !

« - Ah Marc, ça me fait plaisir de vous revoir !

- Vous nous avez fait payer pour nous amener ici alors que c'était vos ordres ?!

Mon sourire forcé et gêné ne le déride pas. Encore heureux que je ne lui ai pas dit qu'à la base je comptais le vendre aux Confeds. J'ai comme l'impression qu'il n'aurait pas apprécié. Comme je sens que la situation ne va pas tarder à dégénérer, je regarde rapidement aux alentours pour remarquer finalement que la majorité des soldats qui sont présents sont des réfugiés Korhaliens. Quelle merde.

Je donne discrètement un coup à Dalgon ... qui ne bouge pas d'un poil.

Je donne un autre coup bien plus fort. L'homme consent à remuer un peu et à prendre connaissance de la situation. Je sens qu'on va prendre une sacrée dérouillée.

« - Hey les gars, regardez ça ! »

Toutes les têtes se retournent vers ce que désigne l'importun qui a lancé cette phrase. Les regards se lèvent vers le poste d'holovision où un présentateur insipide semble présenter des infos déprimantes. Tous les Korhaliens ont les yeux fixés dessus pour je ne sais quelle raison. Bienheureusement, mon agresseur potentiel a aussi détourné le regard de ma personne.

Il ne faut jamais trop attendre pour un miracle...

Evidemment, tous ces gars sont trop grands pour que je puisse apercevoir ce qui se passe sur l'écran. J'escalade en vitesse le comptoir du bar et je peux enfin voir ce qui les fascinent tous. Pour qui a bourlingué à travers tout Koprulu comme moi, la disposition des étoiles montrée par l'holo-caméra ne trompe pas : il s'agit du système de Korhal.

En revanche, la planète qui se tient à la place de la dite Korhal ne ressemble en rien au corps céleste verdoyant où j'ai eu ma récente gueule de bois (ceci dit, je dois admettre que la dite gueule de bois ne m'aidait en rien à faire un état des lieux fidèle au décor). Il s'agit désormais d'une planète aride, désertique et complètement vitrifiée. Le plan se resserre pour laisser apercevoir les ruines de ce qui devait avant être une vaste et riche mégapole.

Soit j'ai un problème de connexion aux synapses, soit il s'est passé quelque chose de ... déplaisant.

La voix off d'un présentateur qui ne se sent nullement concerné par les évènements qu'il décrit surgit. J'ajouterai également que malgré le salaire mirobolant qu'il doit percevoir, il a vraiment l'air de s'emmerder dans son boulot.

Bref, j'apprends, un peu sceptique d'ailleurs, que la Confédération aurait décidé d'atomiser Korhal pour faire un exemple de taille.

Bon, je sais pour les avoir côtoyé quelques temps que le Gratin Confédéré est légèrement cynique, intéressé et surtout, cruel et sans remords. Mais bon, de là à atomiser une planète et tous ses habitants ...

Non ?

D'un autre côté, je vois mal pourquoi ce serait diffusé à l'holo-vision dans ce cas. C'est trop gros pour faire de la bonne propagande.

En tout cas, en regardant autour de moi, je suis la seule personne à douter un peu des faits. Et le fait que mon comm de poignet se mette aussitôt à vibrer en affichant le numéro de mon supérieur me confirme finalement les faits.

Ben merde ...

« - Dalgon, amènes-toi, Langtry veut nous voir d'urgence.

- Hmmm »

Je suppose que pour lui ça doit être un signe d'assentiment. Nous nous faufilons rapidement vers la sortie du bar, lorsqu'une voix s'élève parmi le silence de mort qui est tombé dans la salle.

« - Mes Frères, mes Amis, allons-nous laisser cet acte, ce massacre, ce ... génocide impuni ? »

Une voix de stentor, bien modulée. La voix d'un orateur-né, habituée à convaincre et à manipuler.

... Ca sent mauvais ...

J'attrape Dalgon par le bras et lui fait signe de s'arrêter quelques instants. Me retournant vers la salle, j'aperçois un type monté sur une table. Dans la trentaine avancée, il porte une barbe grisonnante, comme ses cheveux. Mais ses yeux flamboient de détermination.

« - La Confédération a une fois de plus prouvé qu'elle allait trop loin et que son joug était devenu insupportable. Mais comme tout empire qui a sombré dans la cruauté et le barbarisme, elle vacille sur ses fondations. Tous ensemble, si nous le voulons, nous pourrons lui porter un coup fatal, pour venger nos parents, nos frères, nos soeurs et nos amis qui sont restés sur Korhal et ont péri à cause de dirigeants avides de pouvoir et de sang ! »

... Ca sent décidément très mauvais ...

« - Si vous êtes avec moi ... »

En jetant un rapide coup d'oeil dans la salle, je vois qu'ils sont déjà avec lui.

« - ... nous allons nous faire connaître auprès des Confédérés comme leur Némésis. Ils nous connaîtront sous le nom de Fils de Korhal et trembleront pour leur pouvoir. Etes-vous avec moi ? »

Le cri d'approbation qui retentit reprend bien le désir de vengeance de tous ces réfugiés. Il faut que j'aille d'urgence faire mon rapport. Je reprends Dalgon et nous filons en vitesse.

« - Vite, il faut avertir le Colonel. »

_______________


-[Quelques instants plus tard]-


« - Allons Jézabel, vous vous affolez pour rien.

- Mais bordel non ! Vous n'avez pas vu ce type parler et les autres l'écouter.

- C'est normal, mettez-vous à leur place. Ils sont opprimés par la Confédération, ils ont tenté de se libérer, puis ils ont du fuir leur patrie. Et maintenant voilà que leurs familles viennent d'être massacrées par le spectre nucléaire. Alors forcément ils ne sont pas dans un état normal, mais nous avons la main sur eux, cessez de vous inquiéter. Et de toute façon, ceci ne fait pas partie de vos responsabilités. Contentez-vous d'obéir. »

Je me représente bien ce qu'a pu ressentir Cassandre sur l'Ancienne Terre maintenant. De toute façon, je suis peut-être relativement loyale au Protectorat, je ne suis pas pour autant une patriote. S'ils leur arrivent des emmerdes, je les aurai prévenu, ça ne me concerne pas. Si ce que je pressens arrive, je serai loin.

« - D'ailleurs, j'ai eu le département Ingénierie Navale : votre vaisseau est prêt à repartir. Vous allez assister la Flotte dans ses opérations de harcèlement sur la Confédération.

- Quoi ?!

- Nous allons monter un assaut sur une petite plate-forme spatiale à la frontière du système de Tarsonis. Cela va affoler les Confédérés. Votre vaisseau va nous permettre de transporter un supplément de soldats. Et comme beaucoup de Korhaliens réfugiés sont des anciens marines de la Confédération, leur aide nous sera extrêmement précieuse.

- Je refuse !

- Mais vous n'avez pas le choix Jézabel. Ceci fait partie des ordres que le contrat que nous avons signé nous autorisent à vous donner ... »

_______________


-[Trois jours plus tard]-


« - Capitaine ?

- Foutez-moi la paix Jeffrey. »

Je ne devrai pas rabrouer mon pilote de cette manière, mais je suis telle que je suis. Dès que quelque chose me contrarie, je deviens d'une humeur exécrable. Il paraît que j'ai un vrai caractère de merde ...

J'ai vécu les trois derniers jours dans des sommets de fureur. Pendant ce temps là, le type barbu a officialisé la naissance des Fils de Korhal lors d'une pseudo-cérémonie militaire. Langtry et ses supérieurs se sont félicités de voir que l'esprit combatif des Korhaliens s'entretenait tout seul. Ils avaient déjà les idées rivées sur la base Confédérée de Sangre Divina, dans le système de Tarsonis. Ils ne voyaient pas que les Fils de Korhal n'attendaient que l'occasion de prendre leur indépendance et de lutter pour eux-même.

Et quelle meilleure occasion que ce raid ?

Notre force d'assaut comprenait quarante unités moyennes et légères, plus une demi-douzaine de cuirassés. Tous les Korhaliens étaient présents et formaient même la majeure partie des équipages.

Mon propre vaisseau emportait cinquante marines en cryo-capsules. J'avais réussi à les faire entrer là-dedans, car même si le Protectorat m'avait un peu en grippe depuis que j'avais copieusement insulté le Colonel Langtry lors de notre dernier entretien, je restais seule maîtresse à bord. Et mon règlement stipulait qu'il ne devait y avoir aucun rampant dans mes coursives. Point barre.

Comble de malheur, il fallait que ce soit un de ces anglos qui mène la flotille au combat. J'ai eu « l'insigne honneur » de rencontrer le capitaine Modan il y a quelques heures, et en à peine dix minutes j'ai déjà réussi à me faire repérer à ses yeux comme un élément insubordonné doublé d'une tête brûlée.

Que Dieu maudisse les anglais, leur arrogance et leur amour du thé ...

Moi, une Montmorency, obligée de ramper sous les ordres d'un de ces types. Je crois bien que je vais chercher à larguer les amarres au plus vite avec le Protectorat moi aussi ...

« - Capitaine.

- Quoi encore ?

- Cette fois, je crois bien qu'il faut que vous voyez ça. »

J'ai beau être autoritaire voire carrément tyrannique et avoir un très mauvais caractères, je sais me fier à mon équipage. Après tout, je l'ai recruté moi-même, je sais bien comment le commander. Et quand Jeffrey me dit de venir voir quelque chose, c'est que je ferais bien de venir voir le quelque chose en question.

« - Où on est Jeffrey ?

- On fait une pause entre deux Hypersauts pour recharger. On se trouve à mi-chemin entre Umoja et Tarsonis.

- Bon, qu'est ce qui vous inquiète Jeffrey ?

- Le navire amiral, le Delnos, il a coupé sa propulsion et sa signature énergétique est tombée d'un coup. Son canal de communication est brouillé.

- Hein ?

- Ah attendez, je crois qu'il se rétablit. Sans doute une panne mineure. C'est plutôt étrange mais ça arrive. Ecoutez. »

Le message qui nous parvient, entrecoupé de grésillements, ne fait que confirmer mes craintes.

« ... crrr ... Ici le cap ... crrr ... Modan ... crrr ... les Korhaliens ... crrr ... sabotage, ils nous ... »

Les bruits de coups de feu qui nous parviennent à la fin du message ne laissent plus planer aucune équivoque.

« - Jeffrey !

- Oui Capitaine !

- Etat du vaisseau, vite !

- Tout est ok Capitaine, machines, communications, énergie ... non attendez, on a une fluctuation du réacteur. Il s'éteint !

- Merde ! Mettez-moi en liaison avec Constance, vite !

- Les canaux de comm privés ne répondent plus ! »

Une coordination exemplaire. Les marines que j'ai embarqué ont du saboter les cryo-capsules. J'espère qu'ils ne se sont pas tous réveillés. De toute façon, il est trop tard pour espérer désormais. J'appuie d'un coup sec sur le bouton d'alerte au combat et les ululements des sirènes emplissent la Rosée Pourpre.

« - On passe en système d'énergie secondaire. Verrouillez tous les sas encore en marche. Système de sécurité.

- Energie ok. La moitié des sas répond. Système de sécurité HS. »

En réponse à l'activation du système secondaire, les lumières des plafonniers avaient brutalement chuté d'intensité pour baigner la cabine de pilotage dans une légère pénombre.

« - Jeffrey, le canal d'annonce générale, il marche ?

- Attendez, je regarde ... oui, il est encore ok !

- Branchez-moi dessus.

- C'est fait.

- Constance ! Verrouillez-vous comme vous pouvez dans la salle des machines et prenez les armes de secours. Les Korhaliens se mutinent ! »

Pendant que je faisais ma petite annonce, les frères François et Matthieu sont arrivés en courant avec Dalgon.

« - Où est Mach ?

- Aucune idée. Qu'est ce qu'il se passe à la fin ?

- Les Korhaliens tentent de s'emparer de tous les vaisseaux du groupe d'assaut. Ils ont du saboter les cryo-capsules. Les sas vont les retenir deux ou trois minutes, mais il faut agir vite. »

Mon vaisseau n'est pas un simple navire marchand. C'est une petite forteresse ambulante déguisée. Et à ce titre, j'ai veillé à installer des compartiments cachés où nous pouvons ranger des armes légères un peu partout.

« - Dalgon, ranges tes grenades, nous sommes en espace. Si tu fais un trou dans la coque avec, il t'arrivera quelque chose de plus grave que de devoir rembourser les dégâts que tu auras fait.

- Et si les Korhaliens s'amènent avec leurs Fusils Gauss Capitaine ? On leur crache à la gueule ?

- Arrêtes de raconter n'importe quoi. Ce sont des rampants, ils n'ont pas l'habitude de l'apesanteur. »

Nous prenons en vitesse quelques pistolets à aiguilles. Normalement, les mutins n'auront pas eu le temps d'enfiler leurs armures et ne pourront donc pas se protéger des projectiles empoisonnés. Des armes automatiques risqueraient d'endommager les systèmes ou de déclencher une explosion.

« - Bon, on va où maintenant Capitaine ?

- En priorité aux cryo-capsules François. Jeffrey, attrapes ça. Ce sont les clés de verrouillage manuel des sas. Tu restes à l'arrière et tu condamnes toutes les coursives par lesquelles on passe.

- Ca marche.

- Alors en route. »

Le sas qui menait à la soute où sont entreposées les armes des Korhaliens avait été saboté. Nous nous attendons donc à rencontrer une résistance armée. Cependant, nous ne savons pas combien de cryo-capsules avaient été sabotées.

En arrivant à la première chambre des capsules, nous la trouvons toujours fermée, et les Korhaliens toujours en stase. Nous verrouillons rapidement la porte qui y mène pour que les autres ne puissent pas les réveiller.

La deuxième chambre nous réserve une mauvaise surprise. Complètement vide, les cryo-capsules gisent ouvertes.

« - Il n'y en a qu'une de sabotée Capitaine. Ils l'ont joué discrète. Celui qui s'est réveillé a du réanimer ses petits copains, et ils sont partis à la soute.

- Bon, on perd pas de temps. Jeffrey, verrouillez-la en vitesse et on passe à la suivante. »

Par chance, nous avons réagi relativement rapidement. Une seule autre chambre a été vidée. Les autres avaient leur sas de verrouillé, ce qui porte le nombre probable d'ennemis à une dizaine, ce qui est toujours beaucoup trop de toute façon.

Nous nous dirigeons donc maintenant vers les machines, et les bruits d'échange de tir que nous entendons au fur et à mesure que l'on se rapproche nous fait presser le pas. En entrant dans l'antichambre du réacteur, nous découvrons trois Korhaliens atrocement mutilés, gisant les tripes à l'air, leurs armes à côté. Un peu plus loin, Mach, notre astro-mécanicien, gît également par terre, son corps mécanique endommagé en plusieurs points par les Gauss. Défier un cyber-modifié du gabarit de Mach coûte cher en général.

« - Merde, est ce qu'il est encore vivant ?

- M'étonnerait.

- Restes pas planté là Matthieu, occupes-en toi !

- Pourquoi moi ?

- T'as une tête à faire l'infirmière pour cyber-modifiés. »

Les autres Korhaliens sont visiblement bloqués à l'entrée de la salle des machines. Si je compte bien, ils ne sont plus que sept. Sept marines non habitués au combat en apesanteur. On a notre chance.

Un crépitement de fusil mitrailleur vient interrompre mes réflexions.

« - Dalgon, lâches ce flingue tout de suite ! Tu veux provoquer une fuite du réacteur ou quoi ?

- Rien à foutre Capitaine de mes deux ! »

Les Korhaliens pris entre deux feux et mal à l'aise dans cet environnement semblent paniquer. Contrôlant mal leurs déplacements, ils ont du mal à ajuster leur visée. Sous les rafales de Dalgon et nos tirs, deux d'entre eux sont blessés. Evidemment, l'apesanteur nous donne un bel avantage, mais par contre, le sang répandu gicle réellement dans tous les sens et vient tartiner sols, murs et plafonds. Voyant que la situation se dégrade de plus en plus pour nos adversaires, je décide de reprendre définitivement la situation en main.

« - Dalgon, arrêtes de tirer.

- Jamais !

- Putain mais t'es con ou quoi ! C'est un putain d'ordre !

- Bon bon, ok. »

Il faudra que je pense à le foutre aux fers pour insubordination quand tout ça sera fini.

« - Korhaliens ! Ici le capitaine du vaisseau qui vous parle. Vous êtes pris entre deux feux, vous connaissez mal le vaisseau et vous ne savez pas vous diriger en apesanteur. Je vous somme de lâcher vos armes ou nous verrouillons le compartiment où vous vous trouvez actuellement et nous le dépressurisons... »

-[Une heure plus tard]-

C'est lassant d'avoir toujours raison ...

C'est encore plus lassant que personne ne vous écoute quand vous avez raison ...

Les autres vaisseaux du groupe d'assaut ont eux aussi subi la mutinerie de plein fouet. Les systèmes de communication sont visiblement HS un peu partout. Impossible de savoir si la rébellion a échoué sur un autre vaisseau.

De toute façon, chercher à le savoir reviendrait probablement à se démasquer ...

Nous avons renfermé les Korhaliens dans leurs capsules, sauf un, visiblement leur chef, que je garde de côté pour quand les rebelles auront fini de prendre le contrôle de tous les vaisseaux.

Nous avons eu aussi nos propres pertes : Mach n'a pas souffert, mais son exosquelette est hors d'usage jusqu'à ce que nous puissions le réparer. Pour Constance, c'est plus grave, elle s'est prise plusieurs balles, et comme nous n'avons pas de médecins à bord, nous l'avons placé en stase dans l'une des cryo-capsules.

Plus d'astro-mécanicien, plus d'ingénieur machines. Il n'y a plus qu'à espérer que le vaisseau soit bien entretenu.

Bon, occupons-nous du Korhalien.

« - Comment tu t'appelles ? »

Evidemment, il ne répond pas. Je fais un petit signe à Dalgon, et celui-ci lui assène quelques paires de baffes bien senties. C'est un dur, mais il finira par craquer. Entre les mains de Dalgon, tout le monde craque.

« - Je te préviens, on peut passer directement aux instruments de torture plus traditionnels.

- Bon ok, je m'appelle James Engelson, sergent des marines des Fils de Korhal.

- Un anglo, j'en étais sûre ! C'est vraiment une journée de merde ! Bon James, qu'est ce qui était prévu après votre prise de contrôle du vaisseau ?

- Arcturus Mengsk va faire une annonce pour célébrer notre indépendance et on va partir se réfugier dans un autre système pour préparer la guerre contre les Confeds.

- Mengsk ? Jamais entendu parler. C'est un chanteur de rock ? »

Le regard de haine brûlante qu'il m'accorde est mon premier instant de bonheur d'aujourd'hui. Ouais je suis méchante et j'aime ça, ça vous dérange ?

« - Bon James, voilà ce qu'on va faire. Tu vois ce flingue ? »

L'intéressé me répond d'un hochement de tête très sec.

« - Bien, tu es un brave petit gars James. Je t'explique les règles du jeu. Ce flingue contient suffisamment de balle pour remplir le même volume que ta boite crânienne. Alors tu vas t'installer au poste de communications du vaisseau, et lorsque Mengsk fera son petit discours et que ses sbires vont t'interroger sur comment la mutinerie s'est passée sur ce vaisseau, je compte sur toi pour leur répondre ce qu'ils espèrent, et surtout, paraître convaincant. Parce que tu si ne les convaincs pas, je serai dans la malheureuse obligation de vider mon chargeur, et je crains que ça ne nous ferait pas plaisir, ni à l'un, ni à l'autre. Tu as bien compris James ? »

Le dénommé James, le front luisant de sueur, me fait signe qu'il a compris et va s'installer illico là où je lui ai donné l'ordre de s'asseoir.

Une bonne chose de faite ...

Le reste de l'équipage (nous ne sommes plus que cinq désormais) vient me retrouver.

« - Capitaine.

- Oui Jeffrey ?

- Qu'est ce qu'on va faire maintenant ?

- Nous n'avons pas le temps d'accélérer suffisamment pour sauter en hyper sans qu'ils aient le temps de nous abattre. D'un autre côté, comme le groupe d'assaut opère des sauts de groupe, nous n'avons pas non plus la possibilité de leur fausser compagnie pendant leur transit sans éveiller leur attention. Donc pour l'instant, notre seul choix pour rester en vie consiste à les suivre et à faire comme si la mutinerie s'était bien passée.

- Et s'ils décident de nous aborder pour vérifier ?

- Je pense que nous n'avons pas à nous en préoccuper pour le moment, ils vont être pressés de mettre le plus de parsecs entre eux et ici. Nous avons donc un répit.

- Et après ?

- On avisera Jeffrey, on avisera ... »
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